Pourquoi revenir à Jane Austen? Plus encore, pourquoi porter de nouveau à l'écran Orgueil et préjugés, son roman le plus célèbre? Celui-ci n'a-t-il pas d'ailleurs fait l'objet d'une télésérie savoureuse il y a à peine dix ans, laquelle a déclenché un bal d'adaptations (Persuasion, Raison et sentiments, Mansfield Park, Emma)? Osons une réponse: parce que le génie, la modernité et l'universalité de Jane Austen sont, comme Shakespeare, comme Stendhal, d'une pertinence intemporelle, n'en déplaise à ceux qui n'y voient que l'expression de romans Harlequin haut de gamme. Si certaines adaptations ont manqué à leur devoir de mettre toutes les qualités de sa prose et de sa pensée en évidence, ce n'est certes pas le cas de ce premier long métrage de l'Anglais Joe Wright, un réalisateur issu de la télévision, qui signe avec cette comédie grouillante, pétillante et spontanée une des plus belles mises en scène de l'année.