Électro-pop
Playing the Angel
Depeche Mode
Warner
Il y a des idoles de jeunesse qui vieillissent plutôt bien. Depeche Mode, l’ultra-populaire groupe électro-pop qui, il n’y a pas si longtemps, avait séduit des hordes de trentenaires d’aujourd’hui, en témoigne avec cette nouvelle création, Playing the Angel, qui devrait facilement faire oublier une absence prolongée et la demi-erreur d’Exciter, leur avant-dernière tentative de renouveau. Timbres de voix (ceux de Dave Graham et Martin Gore) sans pareils, registre mystico-spirituel prévisible (l’enfer, le péché, la souffrance, Dieu et les autres), mélodies d’une précision chirurgicale: la recette est d’une efficacité redoutable. Elle plonge aussi dès les premières notes dans les univers sombres et torturés de Violator ou encore de Songs of Faith & Devotion, que la nouvelle introspection de cette formation phare des années 80 et 90 vient désormais mettre au goût du jour. Et on se surprend alors, malgré la lenteur de l'ensemble, à lever les bras bien haut pour savourer le tout, captivé par A pain that I'm used to, Suffer Well et The Sinner in Me ou encore surpris par Precious, la pièce la plus démocratique de l'album.
Fabien Deglise