Enfin, Yann Perreau s'impose. Enfin, le voilà en pleine possession de ses moyens, exploitant à fond ses forces (sa voix, puissante et belle; son corps, mobile et possédé) exposant sans ambages ses faiblesses (un certain goût pour l'alcool). Hier, à la première montréalaise du spectacle de l'album Nucléaire, on avait Yann pleinement, assurément lui-même. C'est ce Yann Perreau-là que je cherchais depuis la première fois où je l'ai vu sur scène, déjà showman en puissance, en avril 1994 à la finale de Cégeps rock, au temps où il était le frisé chantant de Doc et les Chirurgiens. Déjà, il avait de l'audace, de l'impudeur, de la candeur aussi. C'était tout croche, mais c'était là.