Si un Oscar était décerné aux high-concept movies, nul doute qu'Andrew Niccol l'aurait raflé à tout coup, autant pour Simone (2001) que pour Gattaca (1997), voire The Truman Show, même si c'était Peter Weir qui avait magnifiquement mis en images son scénario d'une intelligence rare et tristement prémonitoire. Dans Lord of War, Niccol ne décevra pas ses admirateurs — j'en connais quelques-uns, mais ils se sentent un peu seuls dans la salle — tout en posant cette fois ses deux pieds sur terre. Or on devrait plutôt dire qu'il patauge dans la boue, le sang, la chair déchiquetée, bref, dans une réalité qui éclabousse nos écrans de télévision.