À Spa, il y a deux semaines, j'avais quitté Juliette au moment même où, présentations faites, elle envoyait ses musiciens faire risette à la dame pipi et s'installait seule au piano pour chanter sa vie d'artiste en rimes riches. Pas le choix, il y avait Vincent Delerm qui s'amenait à la salle d'à côté. Je rattraperais le coup à Montréal, m'étais-je promis. Et c'est à ce moment précis du spectacle que je suis arrivé samedi soir au Spectrum. On s'y amusait ferme, constatais-je, en même temps que je notais l'absence de rocher et d'épée Excalibur dedans. Juliette n'était certes pas venue à Montréal sans son esprit formidablement vif, sa drôlerie redoutable et ses géniales chansons, mais elle avait laissé un peu de sa quincaillerie de scène en Europe. Gageons que ça n'a rien enlevé au plaisir. (C'est la sono, me dit-on, qui gâcha un peu ledit plaisir, surtout au début du spectacle: consolez-vous à l'idée que les Spadois ne furent pas mieux servis dans le caverneux Petit Théâtre du Casino.)