La première fois que j'ai mis les pieds en Allemagne, je m'attendais à trouver, en fait de paysage, un dantesque entrelacs de chemins de fer et d'autoroutes à six voies, de viaducs et de ponts, séparés par quelques terrains vagues et quelques champs encerclés de béton, avec, semée à des intervalles rapprochés, une floraison de villes modernes cernées d'immenses parcs industriels. La faute au coup d'oeil que j'avais jeté, avant de partir, sur l'Allemagne de mon atlas géographique. À la vue de cette prolifération de toponymes couvrant tout l'espace disponible, jouant du coude jusqu'à pratiquement se chevaucher, je m'étais demandé comment un seul arbre pourrait arriver à croître dans ce pays, pour ne rien dire d'une forêt.