Le thème de la guerre rallie les quatre textes qui composent ce spectacle, la guerre accompagnée par son cortège de victimes, de violence, de terreur et de vies humaines perdues que l'on appelle diplomatiquement les «dommages collatéraux». Il n'est pas si aisé qu'on pourrait le croire de l'évoquer au théâtre. Le Théâtre Repère l'avait fait de façon bouleversante sans céder au pathos dans La Trilogie des dragons. L'équipe de Combats réussit, dans l'ensemble, à créer une atmosphère qui donne froid dans le dos et dispose le spectateur à réfléchir sur le sujet. La piscine désaffectée de l'ancien Bain St-Michel est un endroit tout désigné pour jouer la pièce; les estrades faites de ballots de vêtements comprimés se trouvent à un bout du bassin rectangulaire tandis que la pièce se joue à l'autre bout dans un décor des plus sommaires: un banc qui devient couchette au besoin, une chaise, quelques projecteurs mobiles. Les personnages évoluent tantôt au fond du bassin, tantôt sur le pourtour. Selon la situation, ils jouent, pour ainsi dire, au bord ou au fond du gouffre, dans un cachot ou dans une fosse.