Le merveilleux est affaire d'idées. Bip, bip, bip, j'ai trouvé! comme disait le bon professeur Mandibule. Calvino imagine un homme fendu en deux qui continue de vivre ou un chevalier dénué d'existence corporelle sous son armure: porté par l'écriture, le lecteur range son incrédulité au placard, accepte la convention et le roman peut démarrer. Pourquoi pas? Devise par excellence de la littérature d'imagination... L'idée qui se trouve à la base du second roman d'Andrew Sean Greer, salué par John Updike comme la révélation de l'année 2004 aux États-Unis, est si simple, sa logique contraire aux lois de la nature répond à un fantasme si ancien et si profondément ancré dans le coeur humain (si actuel, aussi), qu'elle prend presque tout de suite des allures de récit universel à nos yeux: un homme naît vieux (littéralement dans la peau d'un humain de soixante-dix ans... ) et passera ensuite le reste de sa vie à rajeunir. Aucune explication médicale, aucune caution scientifique pour entacher la crédibilité de cette histoire de monstre, nul mode d'emploi à l'usage des esprits réalistes, ce qui repose des tripoteurs d'ADN remettant laborieusement au monde les dinosaures ou le Christ. Pourquoi pas, au fait?
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