Elle en est déjà à son quatrième album, cette Keren Ann d'abord connue auprès de Benjamin Biolay, brodant au petit point les chansons du désormais fameux Chambre avec vue de l'increvable Henri Salvador. C'était en 2000, même année que La Biographie de Luka Philipsen, premier opus de ladite Keren. C'est dire qu'elle ne s'est pas regardé pousser les ongles d'orteils en attendant ses redevances: la mam'zelle, qui n'est pas tant Française que citoyenne du monde — Keren Ann Zeidel est née en Israël, a vécu enfant aux Pays-Bas, s'est établie en France mais fréquente New York —, a toujours eu la planète entière dans le collimateur, ce qui suppose un travail acharné. Et Keren Ann n'est pas moins vaillante parce qu'elle est de ces chanteuses qui susurrent, chuchotent et murmurent, et son style mélancolico-mélancolique à la Françoise Hardy n'empêche pas la détermination d'une gagnante.