On les savait célèbres; ils se sont révélés grossièrement et tristement célèbres. Il a fallu que, dans le cadre des nouvelles de 22h à TVA, il y a dix jours, je m'interroge sur la pertinence d'user d'une langue indigente pour faire rire pour qu'une tempête sous formes d'injures, d'insultes et d'attaques ad hominem soit déclenchée par des amuseurs publics. La riposte a été scatologique de la part de quelques-uns, d'autres ont évoqué mon âge, qui me classerait dans les has-been, trop nombreux ont été ceux qui m'ont conseillé de m'exiler en France, façon de mettre en doute ma québécitude, alors que d'aucuns ont fait surgir le vieil argument de l'élite qui méprise le peuple. Bref, qu'on le sache, défendre la qualité de la langue parlée au Québec comporte des risques. Et une dénonciation d'humoristes-vedettes entraîne chez ceux-ci des outrances verbales où la violence le dispute à la grossièreté. La réaction est trop forte pour ne pas tenter de l'analyser. Elle nous renvoie à des démons que l'on croyait dominés et nous confronte aux perversions qu'entraîne la popularité médiatique.
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