Gilles Marcotte - Le 27 février 2005
2 mars 2005
J'ai récemment perdu un ami. Il s'appelait Jean Simard, et il était un des hommes et des écrivains les plus élégants que j'aie connus. Il s'était retiré de ce qu'on appelle la vie active il y a quelques années et, peut-être, en l'absence de publications nouvelles, ne le lisait-on plus comme il le méritait. Pourtant, il m'arrivait de temps à autre de rencontrer un lecteur pour qui la lecture d'un livre ou d'un autre de Jean Simard avait été une découverte heureuse. Il s'agissait parfois de ces récits satiriques intitulés Félix et Hôtels, écrits d'une plume alerte et aimablement cruelle qui débusquait quelques-uns des ridicules les plus persistants de notre société des années 40. Ou des deux volumes de Répertoire, où Jean Simard réunissait de belles réflexions sur l'art — il avait été professeur d'art à l'École des beaux-arts, puis à l'UQAM pendant de nombreuses années —, sur la joie et la difficulté de vivre, sur la situation québécoise.
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