Ce nouvel album forcément événementiel, qui paraît quatre ans après Clair-obscur — composé à moitié de chansons d'autrui —, n'est pourtant pas facile d'accès. Il demande du temps, au contraire du dernier véritable Hardy, Le Danger d'il y a huit ans, qui frappait dur et franc (la vie avec l'«absent» Dutronc y était le propos quasi thérapeutique). Tant de belles choses, malgré son titre invitant, peut rebuter: la facture est très sourde, pour ne pas dire lourde, nimbée de piano électrique et d'ambiances à la Portishead. Mais pour peu qu'on s'y attarde, les mélodies font surface et la voix — ah! la voix de Françoise Hardy — produit son effet bienfaisant. Et l'on se rend compte qu'il y a là-dessus des chansons. Des vraies. Du genre Hardy. Pénétrantes. Candides. À commencer par la chanson-titre: les premières fois, on n'entend pas les mots, et puis on comprend que ça parle de la mort, ou plutôt de ce qui persiste entre les gens malgré la mort, et on en ressort tout chamboulé.