À la toute fin de l'heure et quart (de trop) que dure ce spectacle indigent, navrant et honteusement opportuniste, la troupe présente dame Alys Robi elle-même en personne. Frisson. Ovation. Alice Robitaille, qui aura 82 ans le 3 février, s'amène canne en main sur la scène du Cabaret du Casino de Montréal, entonne l'hymne national de sa vie d'après l'asile, Laissez-moi encore chanter. Le timbre est vibrant, la présence extraordinaire. La star est certes vieillie, mais star jusqu'au bout. Alys Robi s'empare du lieu et fait son effet: elle soulève, bouleverse, rappelle, l'espace de trois minutes, fougue retrouvée, la grande interprète qu'elle fut. C'est fou, on repart content. Avoir vu ça, voilà qui valait le détour par le pont de la Concorde, me disais-je au sortir de la première médiatique.