Deux ans après l'album essentiel et substantiel qu'était Break syndical, voici La Grand-messe. Essentiel et substantiel aussi, mais un peu plus lourd sur l'estomac. On y retrouve leurs deux sortes de chansons: les pamphlets et les portraits. Pamphlets du genre de Huit secondes, où le parolier en chef Jean-François Pauzé pourfend les multinationales comme il le faisait dans Le Gars d'la compagnie (sur Motel Capri), et portraits criants de vérité comme la très touchante Hannah, qui en dit long sur la solitude et la désillusion. L'impression de lourdeur provient du ton, plus affirmé, plus autoritaire: les Cowboys savent qu'ils ont un large public, sur lequel ils exercent un réelle influence, et on comprend qu'ils ne prennent pas ça à la légère. Au point où, dans certaines chansons, on sent un ciblage, une intention, un ton plus moral, presque moralisant: Ti-cul, par exemple, semble s'adresser directement à leur clientèle d'étudiants, les exhortant à ne pas renoncer à leurs rêves et à faire leur chemin.