Pour celui dont le manuscrit se voit refusé, l'éditeur est un marchand de douleurs. Un marchand, du reste, fréquemment considéré comme un imbécile, voire un monstre. Or chaque année, des milliers de manuscrits sont rejetés par des comités de lecture, souvent, il faut le dire, après un survol de quelques minutes à peine. Chez Bernard Grasset, à Paris, le flamboyant éditeur littéraire expliquait, au cours d'une entrevue, que, règle générale, il ne passait pas plus de dix minutes devant le manuscrit d'un nouvel auteur... Rien de bien différent avec ce qui se fait de ce côté-ci de l'Atlantique.
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