Le fédéralisme asymétrique inquiète au Canada anglais. Dans la sphère internationale, par exemple, le Toronto Star s'interrogeait hier: «Mais qui donc parle pour le Canada sur la scène internationale? Nous espérons que c'est le premier ministre Paul Martin. En tout cas, il pourrait le faire plus directement. Surtout lorsque d'autres se précipitent pour parler à sa place.» Le Star trouve que les ministres du cabinet Martin sont confus à propos des rôles respectifs d'Ottawa et de Québec sur la scène internationale. «Au cours des dix derniers jours, on a entendu une véritable cacophonie de commentaires de la part de la ministre du Patrimoine, Liza Frulla, de la ministre des Affaires intergouvernementales, Lucienne Robillard, et de l'homologue québécois de cette dernière, Benoît Pelletier.» La controverse a éclaté lorsque Liza Frulla a annoncé qu'elle laisserait la ministre québécoise Line Beauchamp parler au nom du Canada à l'UNESCO puisque toutes deux s'entendaient sur le message. «C'est sans aucun doute une première, même pour cette fédération décentralisée qu'est le Canada. Depuis quand les ministres provinciaux présentent-ils les politiques fédérales à l'étranger? Ottawa envisage-t-il de donner la parole à Terre-Neuve au sein des organismes qui régissent les pêcheries, à l'Ontario aux commissions sur les pluies acides, à la Colombie-Britannique en matière de forêt et à l'Alberta aux conférences sur l'énergie?» Nulle surprise, poursuit le Star, à ce que l'ouverture de Mme Frulla ait incité M. Pelletier à promouvoir sa position selon laquelle «le Québec devrait avoir son propre siège à l'UNESCO afin de "parler de sa propre voix" sur la scène internationale».
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