Loin des paillettes, du strass et des éclairages criards, Rain... se déroule aussi naturellement qu'une tige de fougère au printemps. Sous la gouverne du poète de la scène qu'est Daniele Finzi Pasca, l'art n'est jamais subordonné à la performance; c'est la performance qui sert l'art. On ne s'étonnera pas de voir ce créateur unique (auteur d'Icaro et de Giacobbe présentés à Montréal dans les années 90, reçus de tous avec enthousiasme) écrire et mettre en scène pour le cirque; il possède lui-même une formation de clown en plus de sa formation d'acteur. Il avait déjà dirigé Nomade (2003), un spectacle d'Éloize tout aussi réussi que celui-ci. Alors que Nomade s'élaborait dans le climat festif d'une noce, Rain... met en scène la construction même d'un spectacle ayant pour thème l'enfance, son esprit ludique, sa gravité, ses visions, ses histoires. Ainsi passe-t-on du chuchotement au rire, de la tristesse à la bouffonnerie, d'un accordéon qui danse à un violon déchirant, en passant par un piano qui batifole et par une voix de mezzo-soprano qui ramène chacun à soi-même.