L'allergie. L'urticaire. La gratelle. La picote volante. Autant l'avouer (ce n'est pas la première fois, mais ça soulage encore), Moustaki me donne des démangeaisons. C'est ainsi depuis l'adolescence: son côté gourou m'est insupportable. Ses pyjamas blancs de Raël de la chanson à texte. La barbe fleurie du grand sage. Le harem de jeunes filles en fleurs. Tout ça me fait exploser les bubons. Alors, vous pensez bien, je m'expose le moins possible. Autrement, je me gratte au sang et vire hystérique, jurant contre sa gueule de pastèque, de juif énervant et de pitre grec. Méchant, je deviens. Imaginez mon état: dans le livret de son dernier disque, premier album de matériel neuf depuis 1996, l'éponyme Moustaki célébré ces derniers mois en France comme le retour de l'Élu, il y a une photo du gars en pied, avec le pyjama et la barbe, aux côtés d'une fillette africaine nommée Éden portant dans ses mains un masque grec. Je pense le pire: future épouse? Avec Moustaki, je suis d'une mauvaise foi absolue. C'est un bon grand-papa avec une représentante des générations futures, voilà tout. Il y a quand même des limites à la médisance.