J'aime la France. Et je soupçonne la France de m'aimer aussi. C'est vrai: côté pinard, aucun problème de digestion. Côté coeur, la Parisienne de ma vie n'est toujours pas rentrée au pays. Tout baigne, donc. Cependant, s'il y a un truc qui m'indispose le système gastrique, c'est bien le fait que le pays de Molière, de Pasteur et d'Emmanuelle Binoche soit capable, avec un art qui enchanterait le pape du surréalisme lui-même, de se tirer dans le pied. De se saborder de l'intérieur, en quelque sorte. Ça ne rate jamais. À preuve, cette loi Évin, votée le 10 janvier 1991, qui, plus d'une décennie plus tard, mécontente toujours plus d'un mécontent.