Il manquait, pour prendre la mesure de la puissance de l'auteur dramatique américain Edward Albee, la troisième pièce du puzzle, c'est-à-dire une production potable de Qui a peur de Virginia Woolf?. Elle est venue. En anglais, par surcroît, au Saidye Bronfman, en provenance du Manitoba Theatre Centre. Comédie dramatique si bouleversante qu'on se demande comment un auteur peut songer à reprendre la plume après ça. Il y est pourtant parvenu puisque Trois femmes grandes mais surtout La Chèvre, aussi présentées à Montréal cet hiver, viennent de prouver, s'il était besoin, qu'Albee n'a pas perdu la main.