Après 26 ans de services généralement joyeux mais parfois lourds de responsabilités à l'avant-plan de La Bottine Souriante, le plus fameux moustachu de la musique traditionnelle québécoise s'offre une nouvelle vie en solo, un spectacle de «petits plaisirs» et un plein collier de poils libres et fous.Yves Lambert a tout de l'ours, poilu comme il est maintenant. L'ours mal léché ou l'ermite récemment sorti du bois, c'est selon. La moustache — la fameuse moustache à longues pointes qui servait de lacet à La Bottine Souriante — a disparu dans le gros tas de poils de la barbe. Résolument hirsute, la barbe. Une barbe qui dit: la barbe! Une barbe libre de pousser dans toutes les directions. Une pilosité sans contrainte qui fait symbole: l'homme qui sourit au milieu d'un tel foisonnement ne sera plus jamais coincé dans ses souliers. C'est exprès, se dit-on. «Oui, c'est voulu», confirme Lambert. «Je suis comme Céline après le pape, quand René a refait son look. Je reviens épanoui... » Il s'esclaffe. Le rire n'a pas changé. Toujours aussi énorme. Rire qui tient à la fois du bon vivant et de l'ogre, large et mordant.