La petite compagnie Théâtre Alambic se donne l'audacieux mandat de «témoigner des grands bouleversements sociaux, politiques, technologiques et culturels» en montant des oeuvres contemporaines. Après avoir fondé Les Lundis des mois creux (bancs d'essai d'expérimentations théâtrales présentés désormais à l'École de mime Omnibus, à Espace Libre), Alambic avait inauguré sa première production en présentant Zoo Story en janvier 2002, un tête-à-tête dramatique d'Edward Albee opposant deux inconnus qui se rencontrent dans un parc. L'Homme sur le parapet du pont, du Français Guy Foissy, fait également se rencontrer deux étrangers paumés: le premier est un candidat au suicide (Charles Préfontaine) qui se prépare à sauter du Pont de l'Alma dans la Seine; le second est un jeune photographe (Guillaume Lemée) en mal de réaliser le cliché qui pourrait le tirer de l'anonymat et de l'indigence pour le rendre célèbre. Le photographe essaie de convaincre l'étranger de réaliser son suicide pose par pose, en quelque sorte, pour qu'il puisse bien cadrer ses photos. Le futur suicidé, dérangé dans l'exécution de son projet, finit par retrouver goût à la bataille, à force de devoir défendre ses volontés.