L'oeuvre de François Jullien connaît aujourd'hui une diffusion universelle. Depuis sa grande étude sur les lettrés chinois, ce sinologue à la fois contestataire (voir ses entretiens autobiographiques, Penser d'un dehors, Seuil, 2000) et profondément classique n'a cessé de multiplier les efforts pour approcher l'esthétique chinoise et tenter de la comprendre dans sa différence même par rapport aux catégories héritées de la rationalité grecque. Mais ce serait restreindre injustement la portée de son travail que de le limiter à l'esthétique: son livre sur le Yiking ou I Ching, le Livre des mutations (Figures de l'immanence, Grasset, 1993), et son magnifique essai sur Mencius (Fonder la morale, Grasset 1995) montrent non seulement l'étendue de ses connaissances sur la culture chinoise, mais aussi et surtout la portée philosophique de son travail. Il publie aujourd'hui une étude importante sur l'image dans la peinture chinoise, qu'on peut rapprocher de son étude antérieure sur un sujet apparenté (Éloge de la fadeur, Livre de poche, 1993). Cet essai paraît en même temps que la réédition de son étude sur l'interprétation poétique (La Valeur allusive, 1985).
0 réaction |
0 vote