Classique. I Musici de Montréal a vingt ans et, comme le dit la chanson, cela n’arrive pas tous les jours. Pour l’occasion, ils nous font un cadeau, leur meilleur disque jusqu’à présent. Dans cet univers de la danse d’Europe centrale et de l’Orient égéen et caucasien, Turovsky et ses musiciens sont comme des poissons dans l’eau: exactement dans leur élément. Rien n’est léger car tout est senti, intensément, avec une vigueur qui est la marque de commerce de cet ensemble. Si parfois on peut contester certaines orientations de l’ensemble, ici, toute opposition tombe. Tout est juste: intention, intonation et plaisir. On aime mordre avec eux à ce répertoire vivant et animé que cet orchestre de chambre a plaisir à jouer, un plaisir hautement communicatif. Chose fascinante, on découvre un raffinement plaisant dans ce qui doit rester le gros trait et que Turovsky rend ici loisir avec un irrésistible déhanché sensuel chez Bartók, comme un alanguissement raffiné dans ce curieux arrangement des Liebesliederwälzer de Brahms. Oui, la satisfaction est bonne, servie à cette sauce.