«Mon coeur est à papa. You know, le propriétaire.» Quand Marilyn laisse échapper au milieu de My Heart Belongs To Daddy ces quelques mots de français entre ses lèvres comme si elle me les soufflait directement au creux de l'oreille, pour ne pas dire de l'oreiller, allez savoir pourquoi, je fléchis du genou. De l'enclume à la rotule, c'est électrique. Et quand elle bégaie exprès le «da de daddy», sur l'air de «da-da-da, da-da-da, da-daddy», ce sont les glandes qui s'y mettent. Coulée de bave aux commissures. Incroyable, quand même. Il y a 31 ans ces jours-ci que Marilyn Monroe vidait pour la dernière fois sa pharmacie et, pourtant, elle n'a qu'à chantonner des bêtises dans ma langue pour que je me répande. Magie du disque.