Une conférence de presse omnibus ressemble à un de ces buffets à volonté où on peut toucher à tout mais sans aller au bout de sa faim. C'est un peu ce à quoi a ressemblé la conférence de presse qu'avait organisée cette semaine Pierre Corbeil, ministre délégué aux Forêts, à la Faune et aux Parcs (FFP). Ce dernier avait convoqué sa «faune» à lui, les chroniqueurs de chasse et pêche, auxquels s'étaient ajoutés quelques étrangers du plein air et de l'environnement. D'ailleurs, la confrérie chasse et pêche a presque été offusquée d'apprendre de la bouche du ministre Corbeil que les retombées économiques de l'observation des animaux (303 millions par an) sont sur le point de rejoindre celles de la chasse sportive (308 millions). Reste à savoir si ces chiffres tiennent compte des dépenses faites pour chasser et pêcher et du coût de la nourriture dans les mangeoires pour les oiseaux et du camping de vacances qu'on ferait de toute façon, animaux ou pas, ou des dépenses faites à des fins précises d'observation dans les régions et les grands habitats naturels comme les réserves fauniques. D'un point de vue économique, ce n'est pas la même chose. Un beau débat en perspective, qui devrait permettre à certains chroniqueurs de chasse et pêche de démontrer une fois de plus que, souvent, non seulement la vision baisse avec l'âge mais que le champ de vision semble rétrécir sensiblement du même coup...