C'est tombé de l'enveloppe d'Universal et j'ai fait: oh! Bath, la photo! D'accord, je n'ai pas dit bath, j'ai dit wow, mais bath me semble plus approprié. Ça fait plus Vespa, plus Sagan, plus Vadim, plus Sydney Bechet, plus Pascale Petit se déhanchant dans Les Tricheurs de Carné, plus jazzy cool Saint-Trop' fin des années 50. Enfin, l'essentiel est qu'il y a là de quoi s'extasier. Ce Salvador sous éclairage rouge vin est d'un cool consommé, galurin déposé à la Sinatra sur l'arrière du crâne, yeux fermés, saisi en pleine note forcément captée par le magnifique micro plus gros qu'une bonbonne d'oxygène. Parfaite photo qui produit l'effet voulu: on est attiré, séduit, gagné. Si je n'avais pas reçu l'album, je l'aurais voulu rien que pour ça. Et pour le contenu, pardi, qui correspond très exactement à ce que la photo annonce: le meilleur de Henri Salvador, première époque jazz en solo. C'est-à-dire le Salvador d'après les Collégiens de Ventura et d'avant le tonton Henri de Zorro est arrivé et autres bêtises pour scopitone rigolo. Le Salvador pote de Boris Vian, quoi, moins les parodies de rock'n'roll, moins Le Blues du dentiste: le Salvador strictement jazz millésimé 1956-1960, un point c'est tout.