Tout Cronenberg est présent dans Spider. Le cinéaste est là derrière cette araignée dans le plafond du héros, à travers la toile que tisse le personnage, partout dans l'univers d'étrangeté aux confins du réel. Pourtant, on y chercherait en vain sa griffe gothique, peuplée d'insectes monstrueux et de cicatrices à portée érotique. Spider, l'oeuvre au traitement le plus classique du réalisateur de Naked Lunch et de The Fly, est sans doute aussi sa meilleure, sans maniérisme, sans quête d'effets. Ni gadgets ni excès d'hémoglobine. Le cinéaste, qui a remporté le Génie du meilleur réalisateur avec ce film, se révèle ici en pleine possession de ses moyens et n'a besoin d'aucun artifice pour imposer son atmosphère de terreur insidieuse.