C'est peut-être ça, le flou artistique, ce qu'Évelyne de la Chenelière a tenté de créer dans Au bout du fil. En imaginant ce non-lieu, cette «activité pêche» qui réunit des vieux de tous les âges au soir de leur existence. Certains dans la vingtaine, la trentaine, la quarantaine, la cinquantaine, voire plus encore. Ils tournent le plus souvent les yeux vers la mère, qui les a bercés. Tombés en enfance, comme le dit l'expression, surtout désespérément en quête de tendresse, saisis soudain par l'envie de faire l'école buissonnière, mais pas si sûrs au fond que l'aventure vaille la peine de quitter le confort du dernier abri, fût-il collectif.