Jean-Pierre Perreault est contemporain de notre postmodernité québécoise. Il le demeurera à travers une oeuvre qui restera marquante par rapport à cette période qu'il a vécue et contribué à transformer. Il a oeuvré à travers la danse. Ce n'est pas peu dire: la danse est un thermomètre du vivant, de la vie vécue, au singulier et au pluriel. Quelque chose de fort, d'urgent, de brutal aussi: on n'y échappe pas. La danse nous traverse, et la seule manière de s'en sortir, c'est de la traverser «elle», de se laisser prendre, puis de l'exorciser; de laisser surgir hors de soi ce qu'on y trouve de plus enfoui, de plus secret. La danse fait parler le corps dans ce qu'il a de plus intime, de plus riche et de plus sacré. La danse fait émerger la singularité, ce don intimement enfoui à l'intérieur de nous. Elle porte au grand jour ce que chacun conserve au plus profond de lui-même, là où loge le coeur de l'imaginaire, le coeur de la vie: vie de sensations, vie d'émotions.