Contrairement à ce que plusieurs croient, l'étrangeté est un sentiment difficile à recréer. Et si c'est ce que le théâtre recherche, le minimalisme peut être un obstacle. En particulier, quand les éléments privilégiés n'offrent pas suffisamment de prise pour que, d'une base réaliste, surgisse l'étrange par on ne sait quels effets. Or, c'est ce qui survient, ou plutôt ce qui ne survient pas, dans Corps et âme, de John Mighton, production-studio présentée par L'Ange-Éléphant à la salle intime du Théâtre Prospéro.