Il ne reste malheureusement que quelques jours pour aller voir La Ménagerie de verre au théâtre Saidye-Bronfman, et ce serait vraiment dommage de rater cette production. La pièce est jouée en anglais, soit; mais l'interprétation et la mise en scène sont si remarquables que, même sans maîtriser l'anglais, on saisira le sens de ce qui s'y passe et on aura grand plaisir à voir jouer cette distribution de très haut niveau. Damien Atkins, d'abord, qui figure, sous les traits de Tom, le jeune Tennessee Williams et que le metteur en scène situe d'emblée comme le narrateur en le faisant apparaître discrètement sur scène, tandis que le silence se fait. Il allume une lampe et dispose certains accessoires; soudain, avec simplicité, il s'adresse au public. Dans ce prologue, Tom adulte, devenu dramaturge, explique que, à l'inverse du magicien dont les gestes mentent en ayant l'air vrais, il va livrer une vérité sous les apparences séduisantes d'une fiction; tout de suite on est pris, on y croit, on sent que quelque chose d'important va se produire. Et l'action sera d'autant plus terrible que nous la verrons venir à travers le regard distancié de l'écrivain, qui y prend toutefois une part active sous ses traits de jeunesse.