Chut! m'a-t-on intimé. «Scusez, j'ai dit, c'est rapport à ma sinusite, je respire toujours un peu fort.» «Shhhhhh!» m'ont fait dix autres spectateurs, regard assassin en sus. Quelle idée, en effet, de respirer quand tout le monde retient son souffle. Quelle infamie que ces pages du carnet de notes qui bruissent, ces verres qui s'entrechoquent si égoïstement au bar quand il y a Amélie là, tout là-bas, sur scène. Amélie? Où ça, Amélie! Mais oui, Amélie. Poulain. N'entendais-je pas les images? Cet accordéon, ce piano-jouet, ce xylophone d'enfant, c'était bien elle, non? Cette valse qui commençait le spectacle comme s'enclenche le générique d'un film, c'était bien la sienne? La Valse d'Amélie, c'est écrit blanc sur vert au recto du boîtier. Par Yann Tiersen.