L'été, il fait chaud, surtout en ville. Gustav Mahler le savait et le sentait bien. Alors il quittait son bureau de directeur de l'Opéra royal de Vienne pour partir dans les Alpes autrichiennes. Comme, l'année durant, ses fonctions officielles l'occupaient beaucoup, il profitait de la belle saison pour composer. Il s'appelait ironiquement et avec un peu d'autodérision Ferienkomponist (compositeur de vacances). Ce qui ne rime absolument pas avec musique légère et de détente, comme semblent le croire certaines radios qui nous abreuvent uniquement de cette musique dès que grimpe le mercure. Non, malgré la canicule (et peut-être même un peu grâce à elle), nous pouvons, enfin, trouver un brin de temps pour réfléchir, comme Mahler.