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Lutte contre les gaz à effet de serre - Montréal veut serrer la vis aux automobilistes

Une amende sera imposée si on laisse rouler sa voiture au ralenti plus de trois minutes

La Conférence de Montréal sur les changements climatiques s’ouvrira dans trois jours.
Photo : Jacques Nadeau
La Conférence de Montréal sur les changements climatiques s’ouvrira dans trois jours.
À trois jours de l'ouverture de la Conférence de Montréal sur les changements climatiques, les services municipaux de la Ville de Montréal ont annoncé hier qu'ils réduiront leurs émissions de gaz à effet de serre de 20 % d'ici 2012, ce qui réduira leurs émissions de 40 000 tonnes par an, selon le plan dévoilé hier par le responsable du dossier environnemental au comité exécutif, Alan DeSousa.

Par ailleurs, la Ville entend faire remettre des contraventions par les policiers et les agents de circulation à tout véhicule laissé au ralenti pendant plus de trois minutes, sauf dans les cas d'embouteillage. Montréal remplacera ainsi l'ancien règlement 90, qui interdisait de laisser un véhicule en marche hors de la circulation pendant plus de quatre minutes à moins de 60 mètres de la prise d'air d'un édifice. La Ville reconnaît qu'elle n'a jamais appliqué ce règlement et qu'il n'a probablement pas attiré plus de dix contraventions à des automobilistes pendant le dernier mandat de l'administration Tremblay.

Le futur règlement, que Montréal s'engage à appliquer, a été entériné par le comité exécutif mais pas encore par le conseil municipal. Il interdira le ralenti pendant plus de trois minutes à tous les véhicules, de la simple automobile au véhicule de commerce, aux véhicules lourds ainsi qu'aux véhicules-outils qui prolifèrent sur les chantiers de construction et qui roulent parfois sans raison pendant des heures. Les véhicules diesel immobilisés, comme les autobus, auront droit à deux minutes de grâce car l'interdit les autorisera à rouler au ralenti cinq minutes par heure au lieu de trois.

Sont exclus de l'application du règlement les véhicules d'urgence, les taxis en hiver, à condition qu'une personne se trouve à bord, les véhicules de réfrigération, les véhicules immobilisés dans un embouteillage ou à un feu de circulation, un véhicule dont on veut retirer la couche de glace lors de verglas afin de rendre sa conduite sécuritaire, un véhicule blindé ainsi que tout véhicule mû à l'hydrogène ou à l'électricité, en tout ou en partie, comme les hybrides.

Mais le règlement autorise quiconque à laisser rouler indéfiniment son véhicule au ralenti si la température est inférieure à -10 °C et si une personne se trouve à bord. Cette disposition, qui fera le bonheur des restaurateurs offrant un service à l'auto, empêchera toutefois l'utilisation abusive des démarreurs à distance, dont les gouvernements refusent d'interdire la vente malgré leur énorme contribution à la pollution. La première amende coûtera entre 50 et 100 $ aux contrevenants et le double dans le cas d'une personne morale. Toute récidive provoquera le doublement de ces deux catégories d'amendes.

Cette mesure est la seule annoncée hier par Montréal qui touche les activités urbaines en général, malgré les objectifs de réduction de son plan de développement durable. Quant à la réduction de 20 % annoncée hier, elle s'applique uniquement aux équipements de transport et au parc immobilier municipal. Sa mise en place exigera des investissements de six millions par année pendant six ans. La Ville récupérera cet investissement sur une période d'environ dix ans grâce aux économies de 3,5 millions par an, principalement dans ses achats de combustible.

Par le passé, Montréal a réduit ses émissions de GES dans une proportion de 83 %, un chiffre étourdissant qui s'explique par l'énorme réduction des émissions obtenue par le captage des biogaz de l'ancienne carrière Miron, dans le quartier Saint-Michel. Le méthane qui s'en dégageait est un GES 22 fois plus efficace, si on peut dire, que le gaz carbonique pour dérégler le climat de la planète. L'installation d'une impressionnante tuyauterie dans cette ancienne carrière très profonde, au début des années 90, visait alors à mettre fin aux infiltrations de biogaz toxiques dans les maisons voisines. Aujourd'hui, on produit avec ces biogaz presque autant d'électricité qu'à la centrale hydroélectrique de la rivière des Prairies, ce qui a réduit de près d'un million de tonnes le bilan des GES de Montréal sur un total d'environ 1,2 million de tonnes.
 
 
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