jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 17h21


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Gérald Tremblay au Devoir - Le maire attend davantage de Québec

Jeanne Corriveau   13 octobre 2005  Villes et régions
La bataille que mène Gérald Tremblay en campagne électorale ne se limite pas au duel qui l'oppose à Pierre Bourque. Le maire sortant affirme être sans cesse en butte contre l'incompréhension du gouvernement du Québec à l'égard de la métropole. Alors qu'Ottawa a prêté une oreille attentive à ses demandes, Québec hésite et tergiverse. Pendant ce temps, Gérald Tremblay s'impatiente.

Gérald Tremblay s'est lancé en campagne électorale en parlant de propreté et de nids-de-poule, mais au-delà de ces considérations, il voudrait pouvoir appliquer sa vision de développement pour Montréal. Pour y parvenir, il lui faudrait de l'argent et le dialogue avec Québec demeure ardu.

Depuis des années, il réclame en vain le remboursement de la taxe de vente du Québec. «L'île de Montréal et les arrondissements paient 80 millions de dollars en TVQ, mais j'estime que nous n'avons pas à payer ça, expliquait le maire lors d'une rencontre éditoriale au Devoir. Je suis un partenaire et le gouvernement fédéral l'a reconnu, mais le gouvernement du Québec dit qu'il n'a pas d'argent.»

En juin dernier, Ottawa a d'ailleurs accordé aux villes une partie des revenus de la taxe sur l'essence, qui permettra à Montréal de récolter 460 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour ses infrastructures et son réseau de transports en commun.

Selon lui, des projets comme ceux de la Cité du Havre ou du déploiement de l'Université de Montréal sur le site de la gare de triage d'Outremont offrent des perspectives de développement que la métropole ne peut se permettre de rater. Ancien ministre dans le gouvernement libéral de Robert Bourassa, le maire n'a pas l'impression que le message qu'il répète depuis des années a un écho dans la capitale: «Est-ce que le gouvernement du Québec a une vision d'ensemble du monde municipal au-delà des rues, des trottoirs, des vidanges et de la propreté? Nous, on en a une et j'espère que le gouvernement va nous reconnaître comme un partenaire.»

S'il est conscient des contraintes auxquelles doit faire face le gouvernement du Québec, le maire estime que celui-ci n'évalue pas l'importance de la métropole à sa juste mesure et qu'il a tendance à chercher l'équité avec les régions à n'importe quel prix: «Je suis tanné du Montreal bashing tout le temps, chaque fois qu'il y a quelque chose à Montréal. Quand il y a des investissements à Québec ou que Bombardier choisit Lapocatière pour y construire des voitures, je ne critique jamais. Au contraire, je suis content que 600 emplois soient créés à Lapocatière. C'est un faux débat.» Créer la richesse à Montréal a un effet d'entraînement sur les régions, se plaît-il à répéter, en évoquant les provinces de l'Ontario et de la Colombie-Britannique qui s'avèrent beaucoup moins chiches à l'égard de leurs villes. «Nous, on est encore pris avec des spaghettis de béton qui nous tombent sur la tête. Il faudrait investir 120 millions de dollars pour procéder à la réfection de l'autoroute Bonaventure sans avoir de retombées de quelque nature que ce soit, alors qu'on pourrait la dévier au coût de 650 millions. Ça générerait des retombées de un milliard de dollars et créerait de la croissance économique. Est-ce qu'on veut bouger?», demande-t-il.

Gérald Tremblay n'a pas eu la partie facile depuis que les libéraux ont pris le pouvoir en avril 2003. À l'arrivée du gouvernement Charest, le maire s'est mis à douter que le contrat de ville signé avec le gouvernement du Parti québécois serait respecté. Il s'est ensuite retrouvé plongé dans la bataille des défusions, avec la tenue de référendums en 2004 qui ont conduit au départ de 15 anciennes municipalités. C'est maintenant l'incertitude entourant la composition du conseil d'agglomération qui vient porter ombrage à sa campagne électorale. En prolongeant sa réflexion, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, s'approche dangereusement de l'échéancier électoral des élus municipaux et le maire craint qu'elle n'attende la tenue du scrutin pour rendre sa décision.

«Le gouvernement aurait déjà dû décider des orientations, mais il faut croire que c'est difficile. Il y a des gens qui ont fait des promesses qu'ils ne sont pas capables de tenir et ces personnes commencent à être assez nerveuses», commente le maire, qui vise par ses propos des députés libéraux de la Rive-Sud.

Terre à terre

Si Gérald Tremblay a de grandes ambitions pour Montréal — pas pour l'obtention des Jeux olympiques de 2013, tient-il à préciser —, il doit aussi composer avec des considérations plus terre à terre, celles de la propreté et de la réfection des rues, qui constituent les deux priorités de sa plateforme électorale. Mais comment en est-on venu à une telle dégradation de la situation? Gérald Tremblay rétorque que le piètre état des rues montréalaises fait partie de l'héritage de Pierre Bourque et des maires qui l'ont précédé et qu'au-delà des réparations des cratères dans les rues, c'est un changement de mentalité dont Montréal a besoin. «Il faut s'assurer que les méthodes de travail et que l'organisation du travail soient revues. Il faut changer les mentalités, les attitudes et les comportements. C'est la seule façon d'y arriver», croit Gérald Tremblay. Mais comme ses prédécesseurs, il n'a pas réussi à convaincre les cols bleus d'adhérer à son plan et il avoue qu'il lui faudra obtenir d'eux une meilleure collaboration.

Quant à la propreté déficiente, surtout au centre-ville, il refuse de l'imputer à la décentralisation des services de proximité que son administration a mis en avant dans le contexte des campagnes sur les défusions. Le maire n'en démord pas. Les responsabilités accrues accordées aux arrondissements comportent des vertus dans le contexte d'une ville de 1,6 million d'habitants et permet aux quartiers de la ville de conserver leur personnalité. Le maire répète d'ailleurs son intention de conclure des contrats avec les arrondissements, avec des indices de performance et des normes minimales de services. Sauf que des arrondissements dirigés par des élus de l'opposition pourraient refuser de se plier à ces contraintes. Gérald Tremblay ne bronche pas; des ententes sont possibles même entre des élus de partis différents. Celle intervenue entre le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Martin Lemay, et la ville centrale concernant la planification du CHUM au centre-ville en fait foi, dit-il.

Gérald Tremblay estime qu'il a su démontrer ses capacités de gérer les finances publiques en procédant, notamment, au refinancement de la dette actuarielle et en obtenant la hausse de la cote de crédit de la Ville auprès de l'agence de cotation Moody's. Celle-ci avait été abaissée en 1995 sous le règne de son adversaire Pierre Bourque, qu'il accuse d'avoir eu recours à une «comptabilité créative» en procédant à la vente d'actifs pour équilibrer les budgets de la Ville. Si les plateformes électorales des deux candidats comportent quelques points communs, ce sont leurs styles de gestion aux antipodes qui les distinguent le plus, affirme-t-il.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009