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Patrimoine - Le propriétaire du Rialto récidive

Jeanne Corriveau   6 octobre 2005  Villes et régions
Cette fois, le propriétaire du Rialto a remplacé les portes ornant la façade du bâtiment et il a couvert le guichet d’origine avec des panneaux de contreplaqué. L’administration municipale a beau avoir adopté une politique du patrimoine, elle n
Photo : Jacques Nadeau
Cette fois, le propriétaire du Rialto a remplacé les portes ornant la façade du bâtiment et il a couvert le guichet d’origine avec des panneaux de contreplaqué. L’administration municipale a beau avoir adopté une politique du patrimoine, elle n
La Ville de Montréal, qui se targue d'avoir adopté une politique du patrimoine, a été incapable d'empêcher le propriétaire du Rialto d'effectuer sans permis des travaux sur son bâtiment patrimonial et ne peut maintenant l'obliger à remettre les lieux dans leur état d'origine. La Ville renvoie la balle au gouvernement du Québec qui, s'il ne parvient pas à raisonner le propriétaire récidiviste par la négociation, pourrait intenter des poursuites contre lui.

En novembre 2004, le maire Gérald Tremblay avait affirmé que les cafouillages comme ceux entourant le monastère des carmélites ou le studio de Radio-Canada à la Cité du Havre ne se reproduiraient plus lorsque la Politique du patrimoine serait adoptée. «Il ne faut plus simplement réagir à la pièce, à la dernière minute, quand se présente un cas ou un problème», avait-il alors affirmé.

Cette politique a beau avoir reçu l'aval du conseil municipal en mai dernier, elle n'a pas pu empêcher le propriétaire du Rialto de remplacer, au cours de l'été, les quatre portes ornant la façade du bâtiment patrimonial de l'avenue du Parc et de couvrir le guichet d'origine avec des panneaux de contreplaqué. Elias Kalogeras a procédé à ces travaux sans permis même si le caractère patrimonial du bâtiment a été reconnu par Montréal, Québec et Ottawa.

Lors d'une séance du conseil d'arrondissement du Plateau Mont-Royal, le 13 septembre, les élus ont refusé de délivrer un permis au propriétaire pour les travaux effectués illégalement. Deux premiers constats d'infraction, au montant de 1888 $, ont été acheminés à Elias Kalogeras, qui n'en est pas à ses premiers délits en cette matière. D'autres amendes devraient lui être expédiées sous peu, mais là s'arrêtent les recours qui s'offrent à la Ville pour sévir contre ce récidiviste.

«C'est la loi sur les biens culturels du gouvernement du Québec qui s'applique», explique la mairesse de l'arrondissement du Plateau et membre de l'équipe de Gérald Tremblay, Helen Fotopulos. En 1999, alors qu'elle était dans l'opposition, Helen Fotopulos s'était insurgée contre le laxisme de l'administration de Pierre Bourque quand le propriétaire du Rialto avait changé les fenêtres du bâtiment et rehaussé le plancher sans autorisation. Six ans plus tard, la Ville a augmenté le montant de ses amendes mais ne dispose pas d'outils supplémentaires pour sévir tandis que la Politique du patrimoine adoptée par l'administration ne donne pas plus de dents à la réglementation existante, reconnaît Bernard Larin, attaché de presse au cabinet du maire.

Fin août, le ministère de la Culture avait fait parvenir une lettre à M. Kalogeras pour exiger qu'il redonne au bâtiment son aspect d'origine. «Notre objectif n'est pas d'envoyer des amendes mais que le bâtiment retrouve son état initial», explique Colette Proulx, du service des communications au ministère. Pour y arriver, le ministère mise sur la négociation mais pourrait recourir aux tribunaux pour parvenir à ses fins.

Même s'il n'en est pas à sa première frasque, Elias Kalogeras n'a jamais fait l'objet de poursuites de la part de Québec. Dinu Bumbaru, d'Héritage Montréal, précise que le processus de poursuite est lourd et complexe puisque c'est le ministère de la Justice qui doit amorcer les démarches. «Il faut mettre le Rialto sous surveillance en attendant qu'un propriétaire un peu plus respectueux du patrimoine soit là. Mais il y a un caractère réversible aux interventions qui ont été faites, ce qui explique qu'il y ait eu des accommodements par le passé», dit-il.






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