Les Montréalais retrouveront-ils un jour la fierté de leur réseau?
Tramway de Strasbourg. Source: AMT
Cela fera à l'automne 39 ans que la grande fête collective du transport en commun a eu lieu. Si la majorité de ceux qui habitent aujourd'hui Montréal n'était point encore là pour participer à cette fin de semaine inaugurale du réseau du métro, à l'époque toutefois, tous et toutes, du plus jeune au plus vieux, quittaient la terre ferme pour descendre sous terre afin de constater de visu et faire sienne l'expérience d'utilisation de ce qui était alors présenté comme le «plus beau métro du monde».
Il faut dire que ce mois d'octobre 1966 est bien loin, en fait une date tirée de la préhistoire pour ces étudiants qui, chaque jour, s'engouffrent dans les stations d'un réseau s'étant finalement peu développé au long des décennies qui constituent maintenant son histoire.
C'était il y a donc longtemps et ces mêmes rames, prises d'assaut tant par les habitants de la métropole québécoise que par ces autres Québécois venus d'ailleurs, de tout le territoire, circulent toujours, affichant un âge dont un entretien continu ne pourra jamais refaire la beauté.
Établir un état des lieux
Là où le bât blesse, c'est que le transport en commun fait manchettes surtout par le compte rendu d'incidents et d'événements qui ne sont pas à sa gloire. Il y a un réseau de trains de banlieue qui se développe, mais il en est plus d'un pour compter à la pièce les utilisateurs de son quartier. Les stations sont là, mais c'est plus la sécurité qui y règne que la beauté des lieux qui reçoit écho. Et si l'on parle d'agrandir quoi que ce soit, là comme en santé ou en éducation, on affiche une insuffisance financière. D'autant plus que les élus de l'Assemblée nationale qui représentent la grande couronne montent plus facilement aux barricades pour défendre les grands projets autoroutiers que pour proposer des voies réservées ou des programmes d'infrastructures où le train et l'autobus obtiendraient la priorité quand il est question de développement.
Le transport en commun est-il la seule affaire des Montréalais? Il semblerait que non, quand on voit le maire de Vaudreuil-Dorion présider le comité des transports de la Communauté métropolitaine de Montréal et qu'on entend un Richard Marcotte, maire de Mascouche, réclamer à grands cris le déploiement du réseau de trains de banlieue pour inscrire sa ville dans un système dont l'expansion s'impose.
Même les représentants des milieux d'affaires «prennent le train» du service public de transport car, comme le dit la présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, «les gens d'affaires voient de plus en plus les dépenses en transport en commun comme des investissements qui rapportent».
Repenser le tout
Alors comment se fait-il dans ce concert d'appuis que plus rien ne bouge? Il y a l'argent, c'est sûr. Celui-ci manque, et les nouveaux transferts fédéraux ne sont pas nécessairement promis au développement du train, du métro ou de l'autobus. Qui sait ce que sont les intentions de Québec dans ce dossier? On parle là-bas, dans la capitale, on le sait, de décentralisation. Mais ira-t-on jusqu'à prendre pour modèle Vancouver, où les citoyens acceptent une taxation directe (et jusqu'à près de 11 cents sur chaque litre d'essence, avec possibilité de taxer chaque compteur électrique des résidences)?
Il faut aussi une nouvelle structure. Les élus municipaux, le maire Tremblay de Montréal en tête, réclament un passage de pouvoir vers la Communauté métropolitaine de Montréal, de façon à ce que le transport ne soit plus vu comme un sujet autonome, mais comme un axe de développement, en relation avec la qualité de l'environnement et l'expansion industrielle ou résidentielle. Dans un tel projet, l'Agence métropolitaine de transport demeure, mais en tant que gestionnaire de réseau: l'institution, qui dépend du gouvernement provincial, se verrait même transformée en ce qui concerne les nominations de son comité exécutif.
On aimerait que les habitants de Montréal et de sa grande région rêvent à nouveau. Comme c'est le cas ailleurs. Comme à Montpellier, en France, où les gens de la place vous imposent un «tour» de tramway, fiers qu'ils sont de leurs deux nouvelles lignes, l'une étant toujours en chantier. Comme à Lille, où le réseau fait la gloire des citoyens. Comme partout, quoi, où le transport collectif n'est pas un mal nécessaire, mais un moyen luxueux de découvrir et de vivre la vie urbaine.
Il faut dire que ce mois d'octobre 1966 est bien loin, en fait une date tirée de la préhistoire pour ces étudiants qui, chaque jour, s'engouffrent dans les stations d'un réseau s'étant finalement peu développé au long des décennies qui constituent maintenant son histoire.
C'était il y a donc longtemps et ces mêmes rames, prises d'assaut tant par les habitants de la métropole québécoise que par ces autres Québécois venus d'ailleurs, de tout le territoire, circulent toujours, affichant un âge dont un entretien continu ne pourra jamais refaire la beauté.
Établir un état des lieux
Là où le bât blesse, c'est que le transport en commun fait manchettes surtout par le compte rendu d'incidents et d'événements qui ne sont pas à sa gloire. Il y a un réseau de trains de banlieue qui se développe, mais il en est plus d'un pour compter à la pièce les utilisateurs de son quartier. Les stations sont là, mais c'est plus la sécurité qui y règne que la beauté des lieux qui reçoit écho. Et si l'on parle d'agrandir quoi que ce soit, là comme en santé ou en éducation, on affiche une insuffisance financière. D'autant plus que les élus de l'Assemblée nationale qui représentent la grande couronne montent plus facilement aux barricades pour défendre les grands projets autoroutiers que pour proposer des voies réservées ou des programmes d'infrastructures où le train et l'autobus obtiendraient la priorité quand il est question de développement.
Le transport en commun est-il la seule affaire des Montréalais? Il semblerait que non, quand on voit le maire de Vaudreuil-Dorion présider le comité des transports de la Communauté métropolitaine de Montréal et qu'on entend un Richard Marcotte, maire de Mascouche, réclamer à grands cris le déploiement du réseau de trains de banlieue pour inscrire sa ville dans un système dont l'expansion s'impose.
Même les représentants des milieux d'affaires «prennent le train» du service public de transport car, comme le dit la présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, «les gens d'affaires voient de plus en plus les dépenses en transport en commun comme des investissements qui rapportent».
Repenser le tout
Alors comment se fait-il dans ce concert d'appuis que plus rien ne bouge? Il y a l'argent, c'est sûr. Celui-ci manque, et les nouveaux transferts fédéraux ne sont pas nécessairement promis au développement du train, du métro ou de l'autobus. Qui sait ce que sont les intentions de Québec dans ce dossier? On parle là-bas, dans la capitale, on le sait, de décentralisation. Mais ira-t-on jusqu'à prendre pour modèle Vancouver, où les citoyens acceptent une taxation directe (et jusqu'à près de 11 cents sur chaque litre d'essence, avec possibilité de taxer chaque compteur électrique des résidences)?
Il faut aussi une nouvelle structure. Les élus municipaux, le maire Tremblay de Montréal en tête, réclament un passage de pouvoir vers la Communauté métropolitaine de Montréal, de façon à ce que le transport ne soit plus vu comme un sujet autonome, mais comme un axe de développement, en relation avec la qualité de l'environnement et l'expansion industrielle ou résidentielle. Dans un tel projet, l'Agence métropolitaine de transport demeure, mais en tant que gestionnaire de réseau: l'institution, qui dépend du gouvernement provincial, se verrait même transformée en ce qui concerne les nominations de son comité exécutif.
On aimerait que les habitants de Montréal et de sa grande région rêvent à nouveau. Comme c'est le cas ailleurs. Comme à Montpellier, en France, où les gens de la place vous imposent un «tour» de tramway, fiers qu'ils sont de leurs deux nouvelles lignes, l'une étant toujours en chantier. Comme à Lille, où le réseau fait la gloire des citoyens. Comme partout, quoi, où le transport collectif n'est pas un mal nécessaire, mais un moyen luxueux de découvrir et de vivre la vie urbaine.
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