Développement - Contrer l'achalandage routier sous toutes ses formes
« Le métro constitue l'épine dorsale du réseau »
L'annonce faite de redistribuer aux municipalités la moitié de la taxe d'accise fédérale sur l'essence a été accueillie comme une véritable bouffée d'air frais par les acteurs du milieu du transport en commun. C'est qu'une large portion de ces cinq milliards pour financer des projets d'infrastructure leur reviendra. Cet argent neuf n'ira pas uniquement au développement du réseau montréalais, mais aussi au maintien de ce qui est déjà en place et qui se détériore d'année en année.
«Les besoins sont plus criants que jamais à cause du sous-financement que nous connaissons depuis 1992, lance le président de l'Association canadienne du transport urbain (ACTU), Robert Olivier. Il faut donc faire attention de ne pas perdre les sommes que l'on recevait déjà.» Pour l'ACTU, qui se targue d'être la porte-parole de l'industrie du transport en commun au Canada et qui représente les réseaux de transport en commun, les fournisseurs de l'industrie, les organismes gouvernementaux, les particuliers et les organisations connexes, la nouvelle a néanmoins été bien accueillie.
Son président dit cependant que cette annonce ne représente que la pointe de l'iceberg pour le transport en commun de Montréal: «Les voitures de métro n'ont jamais été changées depuis leur entrée en service et il faudra maintenant en acheter plusieurs pour desservir les nouvelles stations à Laval.» Il précise aussi que plusieurs stations de métro nécessitent des réparations majeures: «Plus on attend pour le faire, plus la facture sera salée, dit-il. Le métro de Montréal est l'un des plus efficaces et attrayant dans le monde, et nous n'avons pas non plus à rougir de notre service d'autobus.» Mais l'équilibre est fragile et l'équipement vieillissant n'augure rien de bon.
Remise en état
Retaper le réseau coûtera cher, très cher. Le ministère des Transports du Québec a d'ailleurs consacré près de 257 millions de dollars l'an dernier aux programmes d'aide visant le transport en commun. Plus de 80 % de cette somme a été affectée à la grande région de Montréal. Des montants importants, mais qui permettent à peine de répondre efficacement à la demande: la Société de transport de Montréal (STM) réclame toujours plus d'argent pour maintenir ses opérations.
Robert Olivier, aussi directeur exécutif à la STM, affirme que le budget d'opération de l'année sera «probablement équilibré», malgré un déficit de 20 millions de dollars l'an dernier. Il explique aussi qu'il n'est pas toujours aisé de faire la part des choses entre investir pour développer de nouvelles idées ou maintenir ce qui est actuellement en place et qui constitue un patrimoine important pour la ville. Selon lui, la tendance canadienne est plutôt orientée vers le maintien des acquis.
Selon les données du ministère des Transports, et comparativement à 1993, il s'effectuera 25 % plus de déplacements quotidiens en 2016. Le ministère reconnaît d'ailleurs que, si «le développement des réseaux de transport en commun agit comme un catalyseur du développement urbain», rien n'est acquis car «une augmentation de l'utilisation du transport en commun ne sera possible que si celui-ci constitue une solution de rechange efficace, attrayante et accessible soutenue par des mesures de gestion de la demande».
Cependant, aux prises avec des budgets serrés, la STM a régulièrement augmenté les tarifs d'utilisation de son réseau. Si ses tarifs sont parmi les plus bas en Amérique du Nord, toute augmentation a un effet sur les usagers du réseau: «C'est évident que chaque fois que l'on augmente les tarifs, on observe une réduction de l'achalandage, mais elle est minime. Nous avons remarqué une baisse significative l'an dernier à cause des inconvénients causés par les travaux effectués à la station Henri-Bourassa pour prolonger le métro jusqu'à Laval.»
Expansion
C'est qu'avec l'étalement urbain, rejoindre de nouveaux utilisateurs devient de plus en plus difficile pour la STM. Plusieurs lui reprochent aussi de mal desservir toute la portion orientale de la ville. Maints projets sont cependant étudiés par la STM: «Lors du Sommet de Montréal, nous avons établi des plans de travail précis à ce sujet, rappelle Robert Olivier. Les gens ont parfaitement raison de dire qu'ils sont mal desservis dans l'Est, mais il faut y aller méthodiquement et avec les sommes qui nous sont dévolues.»
La construction de nouvelles stations de métro nécessite des dépenses énormes, mais représente également une consolidation importante pour les portions de la ville qu'elles rejoignent: «Le métro constitue l'épine dorsale du réseau de transport en commun de Montréal et c'est à partir de lui que nous développons», poursuit-il.
D'autres projets importants sont toujours dans la mire de la STM et de l'Agence métropolitaine de transport: de nouvelles lignes de train de banlieue, une meilleure desserte pour l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, un système léger sur rails sur le pont Champlain ainsi que sur l'avenue du Parc. «Des grands projets, c'est sûr qu'il va y en avoir encore, continue Robert Olivier, mais il va falloir les prioriser selon les besoins et les montants disponibles.»
Alors que les transports représentent plus du tiers des émissions de gaz à effet de serre au pays, la mise en place d'un réseau de transport en commun solide semble maintenant recevoir un bon écho au gouvernement fédéral. La mise en oeuvre du protocole de Kyoto aidant, l'annonce faite lors du budget fédéral est un pas dans la bonne direction, mais il reste encore beaucoup à faire, selon Robert Olivier: «Il est important que la volonté politique que l'on perçoit puisse continuer de s'affirmer dans les années à venir, mais il faut aussi se donner un cadre de référence pour favoriser l'évolution du réseau.» Bref, il croit que l'avenir s'annonce bien pour le transport en commun de Montréal, à condition que tout le monde embarque...
«Les besoins sont plus criants que jamais à cause du sous-financement que nous connaissons depuis 1992, lance le président de l'Association canadienne du transport urbain (ACTU), Robert Olivier. Il faut donc faire attention de ne pas perdre les sommes que l'on recevait déjà.» Pour l'ACTU, qui se targue d'être la porte-parole de l'industrie du transport en commun au Canada et qui représente les réseaux de transport en commun, les fournisseurs de l'industrie, les organismes gouvernementaux, les particuliers et les organisations connexes, la nouvelle a néanmoins été bien accueillie.
Son président dit cependant que cette annonce ne représente que la pointe de l'iceberg pour le transport en commun de Montréal: «Les voitures de métro n'ont jamais été changées depuis leur entrée en service et il faudra maintenant en acheter plusieurs pour desservir les nouvelles stations à Laval.» Il précise aussi que plusieurs stations de métro nécessitent des réparations majeures: «Plus on attend pour le faire, plus la facture sera salée, dit-il. Le métro de Montréal est l'un des plus efficaces et attrayant dans le monde, et nous n'avons pas non plus à rougir de notre service d'autobus.» Mais l'équilibre est fragile et l'équipement vieillissant n'augure rien de bon.
Remise en état
Retaper le réseau coûtera cher, très cher. Le ministère des Transports du Québec a d'ailleurs consacré près de 257 millions de dollars l'an dernier aux programmes d'aide visant le transport en commun. Plus de 80 % de cette somme a été affectée à la grande région de Montréal. Des montants importants, mais qui permettent à peine de répondre efficacement à la demande: la Société de transport de Montréal (STM) réclame toujours plus d'argent pour maintenir ses opérations.
Robert Olivier, aussi directeur exécutif à la STM, affirme que le budget d'opération de l'année sera «probablement équilibré», malgré un déficit de 20 millions de dollars l'an dernier. Il explique aussi qu'il n'est pas toujours aisé de faire la part des choses entre investir pour développer de nouvelles idées ou maintenir ce qui est actuellement en place et qui constitue un patrimoine important pour la ville. Selon lui, la tendance canadienne est plutôt orientée vers le maintien des acquis.
Selon les données du ministère des Transports, et comparativement à 1993, il s'effectuera 25 % plus de déplacements quotidiens en 2016. Le ministère reconnaît d'ailleurs que, si «le développement des réseaux de transport en commun agit comme un catalyseur du développement urbain», rien n'est acquis car «une augmentation de l'utilisation du transport en commun ne sera possible que si celui-ci constitue une solution de rechange efficace, attrayante et accessible soutenue par des mesures de gestion de la demande».
Cependant, aux prises avec des budgets serrés, la STM a régulièrement augmenté les tarifs d'utilisation de son réseau. Si ses tarifs sont parmi les plus bas en Amérique du Nord, toute augmentation a un effet sur les usagers du réseau: «C'est évident que chaque fois que l'on augmente les tarifs, on observe une réduction de l'achalandage, mais elle est minime. Nous avons remarqué une baisse significative l'an dernier à cause des inconvénients causés par les travaux effectués à la station Henri-Bourassa pour prolonger le métro jusqu'à Laval.»
Expansion
C'est qu'avec l'étalement urbain, rejoindre de nouveaux utilisateurs devient de plus en plus difficile pour la STM. Plusieurs lui reprochent aussi de mal desservir toute la portion orientale de la ville. Maints projets sont cependant étudiés par la STM: «Lors du Sommet de Montréal, nous avons établi des plans de travail précis à ce sujet, rappelle Robert Olivier. Les gens ont parfaitement raison de dire qu'ils sont mal desservis dans l'Est, mais il faut y aller méthodiquement et avec les sommes qui nous sont dévolues.»
La construction de nouvelles stations de métro nécessite des dépenses énormes, mais représente également une consolidation importante pour les portions de la ville qu'elles rejoignent: «Le métro constitue l'épine dorsale du réseau de transport en commun de Montréal et c'est à partir de lui que nous développons», poursuit-il.
D'autres projets importants sont toujours dans la mire de la STM et de l'Agence métropolitaine de transport: de nouvelles lignes de train de banlieue, une meilleure desserte pour l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, un système léger sur rails sur le pont Champlain ainsi que sur l'avenue du Parc. «Des grands projets, c'est sûr qu'il va y en avoir encore, continue Robert Olivier, mais il va falloir les prioriser selon les besoins et les montants disponibles.»
Alors que les transports représentent plus du tiers des émissions de gaz à effet de serre au pays, la mise en place d'un réseau de transport en commun solide semble maintenant recevoir un bon écho au gouvernement fédéral. La mise en oeuvre du protocole de Kyoto aidant, l'annonce faite lors du budget fédéral est un pas dans la bonne direction, mais il reste encore beaucoup à faire, selon Robert Olivier: «Il est important que la volonté politique que l'on perçoit puisse continuer de s'affirmer dans les années à venir, mais il faut aussi se donner un cadre de référence pour favoriser l'évolution du réseau.» Bref, il croit que l'avenir s'annonce bien pour le transport en commun de Montréal, à condition que tout le monde embarque...
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