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STM - Bienvenue dans l'un des plus vieux parcs de matériel roulant au monde

Pour Claude Dauphin, « les usagers ont fait leur part »

Dans le cas du métro, il faudra procéder au remplacement des wagons de première génération et aussi à la rénovation des wagons de deuxième génération afin qu’ils puissent accueillir plus de passagers. Coût des opérations dans le métro: 2,2
Photo : Jacques Nadeau
Dans le cas du métro, il faudra procéder au remplacement des wagons de première génération et aussi à la rénovation des wagons de deuxième génération afin qu’ils puissent accueillir plus de passagers. Coût des opérations dans le métro: 2,2
Les besoins sont criants et les sommes à investir, importantes. C'est trois milliards que devra injecter d'ici dix ans la Société de transport de Montréal (STM) dans le réseau du transport en commun afin de rénover ce dernier qui, faut-il le souligner, en a grandement besoin. Et c'est sans compter les déficits d'opération anticipés.

Si la STM n'a pas enregistré de déficit en 2004, ce ne sera pas le cas dans les années à venir puisqu'on prévoit un déficit d'opération de 45,8 millions de dollars en 2005, et qui pourrait franchir le cap des 68 millions de dollar en 2008. «S'il ne se produit rien, nous allons tout droit vers un trou sans fond, prévient Claude Dauphin, président du conseil d'administration de la STM. Il faut convaincre les trois ordres de gouvernement que le temps est venu de donner de nouvelles sources de financement et un nouveau souffle au transport en commun à Montréal.»

Les besoins

La STM devra procéder à une rénovation majeure du réseau de transport en commun, métro et autobus compris, dans les prochaines années. En effet, la plupart des équipements fixes du métro ont atteint et même dépassé à toutes fins pratiques leur vie utile.

La moyenne d'âge du matériel roulant dépasse 30 ans, ce qui fait que la STM possède l'un des plus vieux parcs de matériel roulant au monde. Il faudra donc procéder au remplacement des wagons de première génération et aussi à la rénovation des wagons de deuxième génération afin qu'ils puissent accueillir plus de passagers. Coût des opérations dans le métro: 2,2 milliards de dollars.

La situation n'est guère plus reluisante du côté des autobus. Leur vétusté fait en sorte qu'ils se retrouvent plus souvent qu'à leur tour cloués au garage. La distance moyenne entre deux pannes est présentement inférieure à 3500 km tandis que la norme, pour l'industrie, se situe à 8000 km. Là aussi, il faudra investir quelque 800 millions de dollars.

Coup de barre

Malgré cette situation difficile, qui exige un important redressement, tout n'est pas noir dans le dossier du transport en commun à Montréal. La STM a opéré au cours des dernières années un sérieux coup de barre. À preuve, elle a réussi à réduire ses coûts de fonctionnement. Par exemple, les coûts de déplacement en autobus et en métro ont diminué de 8 % entre 1998 et 2002.

La fiabilité du service s'est aussi améliorée, permettant d'assurer 99,3 % du service planifié en ce qui concerne le transport par autobus. L'achalandage est aussi en hausse constante et le plan d'affaires 2004-08 de la STM prévoit une hausse de 1 % par année.

Grâce à la hausse de l'achalandage, la STM estime que la contribution financière des voyageurs comptera en 2008 pour la moitié des coûts de fonctionnement. Par contre, pas de hausse de tarifs à l'horizon, ce qui plaira certainement à l'usager. «Nous avons dû augmenter les tarifs ces dernières années et je crois que les usagers ont fait leur part.»

D'autres actions sont prévues afin d'augmenter l'efficacité du réseau. La STM procédera à la mise en place du réseau prioritaire montréalais (RPM), qui vise à réduire le temps de déplacement sur certaines artères ciblées. On implantera aussi un système intégré de vente et de perception, fonctionnant avec une carte à puce rechargeable. On espère ainsi récupérer les sommes perdues à cause de la fraude et de la non-perception.

Décentralisation

Le fonctionnement du transport en commun dans la grande région montréalaise risque d'être modifié dans les années à venir. En effet, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui représente, par le biais des élus, 63 municipalités de la région, a récemment voté une motion demandant à Québec de décentraliser la planification du transport en commun.

«Ce qui se passe présentement, explique Claude Dauphin, c'est que l'Agence métropolitaine de transport ainsi que la CMM ont tous deux le mandat de planifier le transport en commun. Nous préférerions que ce mandat soit confié aux élus, qui sont responsables de leurs décisions devant les électeurs.»

Cette décentralisation pourrait aussi aider à reconnaître que le métro de Montréal est devenu au fond un équipement qui dessert la grande région métropolitaine. «Plus de 22 % des utilisateurs du métro ne proviennent pas de l'île. On pourrait donc envisager une contribution des autres villes, comme elles le font présentement pour les trains de banlieue.»

Espace fiscal

L'avenir du transport en commun dans la région métropolitaine repose sur un financement adéquat. Selon Claude Dauphin, c'est l'enjeu principal. «Non seulement faut-il investir dans les immobilisations afin de moderniser le réseau, mais il faut aussi le doter d'un financement stable afin d'assurer son fonctionnement.»

D'une part, les municipalités doivent, à tout le moins, maintenir à leur niveau actuel leurs contributions financières. D'autre part, Claude Dauphin souhaite qu'au moins 25 % de l'argent que versera le gouvernement fédéral aux villes par le biais de la taxe sur l'essence soit consacré au transport en commun.

Mais ce dont il rêve, c'est qu'on accorde au transport en commun un véritable espace fiscal. «Cet espace fiscal serait sous la responsabilité des élus par le biais de la CMM. Il nous permettrait, par exemple, d'augmenter d'un sou la taxe sur l'essence ou d'augmenter les droits d'immatriculation des véhicules. On pourrait même envisager une contribution des propriétaires par le biais de l'évaluation foncière.»

Les sommes ainsi perçues seraient versées dans deux fonds dédiés: l'un pour les immobilisations, l'autre pour le fonctionnement. «En tant qu'élus, nous sommes bien placés pour faire comprendre aux citoyens l'importance de pareilles mesures avant de les introduire.» De plus, il croit que les citoyens sont prêts à consentir un effort supplémentaire afin de se doter d'un système de transport en commun efficace et moderne.

Claude Dauphin a bon espoir que la solution au financement du transport en commun est à portée de main. «Le gouvernement à Québec reconnaît le problème. Maintenant il faut passer à l'action et trouver une solution afin d'assurer un cadre financier adéquat au transport en commun dans la région métropolitaine.»
 
 
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