Référendums sur les défusions - Joie et amertume à Montréal
Une dame âgée de 96 ans dépose son bulletin de vote dans une urne au Westmount High School, à l’occasion du référendum sur les défusions tenu hier. — Pedro Ruiz, Le Devoir
«Quand la flamme olympique est passée dans l'arrondissement de Westmount aujourd'hui [hier], elle a perdu tout le sens de l'unité et de la solidarité qui va avec.» Tout juste après le dépouillement des urnes, Nat Fotopulos, présidente du comité du non de Westmount, cachait difficilement son amertume. «C'était prévisible, a-t-elle expliqué devant le pourcentage élevé (92 %) d'électeurs de son coin qui se sont prononcés hier en faveur du démembrement. Nous avons travaillé fort, mais nous avons manqué de temps pour faire tomber le mur d'émotion que nos adversaires ont construit depuis plusieurs mois.»
Travailler fort. Bernard Paquet, ancien maire de Saint-Laurent, en a fait tout autant depuis le début de la campagne référendaire pour retrouver sa ville d'antan. Mais sans succès. L'arrondissement du même nom reste en effet dans le giron de Montréal, a décidé l'électorat. «C'est ce que le gouvernement voulait, a-t-il expliqué un brin de tristesse dans la voix. Plusieurs éléments ont joué contre nous: il faisait beau, il y avait la fête des Pères, des graduations dans plusieurs écoles de la ville, la flamme olympique au centre-ville et ces 35 % [des électeurs inscrits devant se prononcer en majorité pour la défusion] que le gouvernement nous a mis dans les mains. Ce soir, j'ai de la peine pour mes citoyens.»
Au fil des résultats des 22 référendums sur la défusion qui ont rythmé hier la vie démocratique de Montréal, la déception des uns a laissé place à la joie des autres. Surtout dans les 15 arrondissements qui d'ici janvier 2006 devraient retrouver leur statut de ville, comme l'ont demandé les électeurs. «Et ils méritaient cette victoire, a lancé Suzanne Caron, mairesse de l'arrondissement de Mont-Royal, dont 81 % des résidants ont décidé de se séparer de Montréal. C'est un message très fort qui a été envoyé. Il reste maintenant à relever nos manches pour que tout cela fonctionne.»
Même euphorie, même optimisme du côté de Westmount, où Peter Trent, ancien maire de la municipalité, a célébré en début de soirée un verre de rouge à la main. «J'en étais sûr [que nous allions gagner], a-t-il dit. Maintenant, ça va devenir plus tranquille j'espère, car le débat a été très émotif et colérique dans les dernières semaines. Et puis les résultats dans la région de Montréal prouvent bien que les défusions ne sont pas juste une question d'argent et de langue. Regardez Montréal-Est ou encore Boucherville... »
Ailleurs sur l'île, la foule était en liesse à Montréal-Est, une des seules villes francophones montréalaises à retrouver son identité juridique. Quelques centaines de militants défusionnistes ont bloqué la rue Notre-Dame et hissé le drapeau de la municipalité sur le toit de l'hôtel de ville. «La devise de notre ville: "Peut ce que veut". Cela fait deux ans et demi qu'on travaille. C'est une victoire écrasante», a déclaré Daniel Fournier, qui avait dû céder la présidence du comité défusionniste en raison de sa fonction de col bleu.
Louis Miranda déçu
Aussi dans l'est de la ville, le président du comité du oui à Anjou, Luis Miranda, était très amer de voir sa ville lui glisser entre les mains. «Nous aurions gagné si ce n'avait été de la règle des 35 %. Le Parti libéral a voulu se laver les mains rapidement de sa promesse. L'avenir réserve peut-être des surprises pour ces élus-là», a déclaré Luis Miranda. Son opposant, le conseiller Carol Beaupré, était quant à lui étonné de sa victoire. Il a lancé un appel à la réconciliation de tous les Angevins.
Au-delà du clivage qui s'est exprimé hier par les urnes, reste que «90 % des habitants de l'île de Montréal ont décidé de rester dans la nouvelle ville, a expliqué Benoît Labonté, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Bien entendu, on se serait passé de ces référendums. Mais je suis très satisfait des résultats et très optimiste pour Montréal», dont la légitimité n'est nullement à remettre en question. «D'autant qu'avec le Conseil d'agglomération [une mégastructure qui vient désormais chapeauter l'ensemble des villes fusionnées et défusionnées], Montréal va toujours pouvoir prétendre être une grande métropole», a-t-il ajouté.
Rive sud
Sur la rive sud de Montréal, où quatre des cinq arrondissements se retirent du grand Longueuil, l'atmosphère était à la fête dans les camps défusionnistes. «Enfin le citoyen mérite ce qu'il n'aurait jamais dû perdre», s'est exclamé la leader défusionniste Francine Gadbois, de Boucherville.
«C'est une belle victoire communautaire», a pour sa part déclaré la porte-parole défusionniste de Saint-Bruno de Montarville, Ginette Durocher, qui promet de surveiller la mise en place des comités de transition.
Conseiller municipal pour la fusion dans Saint-Lambert, Gilles Grégoire pense que les citoyens pourraient changer d'idée quand ils réaliseront qu'ils sont enclavés dans Longueuil. «Je suis prêt à aller en élection référendaire là-dessus.»
Travailler fort. Bernard Paquet, ancien maire de Saint-Laurent, en a fait tout autant depuis le début de la campagne référendaire pour retrouver sa ville d'antan. Mais sans succès. L'arrondissement du même nom reste en effet dans le giron de Montréal, a décidé l'électorat. «C'est ce que le gouvernement voulait, a-t-il expliqué un brin de tristesse dans la voix. Plusieurs éléments ont joué contre nous: il faisait beau, il y avait la fête des Pères, des graduations dans plusieurs écoles de la ville, la flamme olympique au centre-ville et ces 35 % [des électeurs inscrits devant se prononcer en majorité pour la défusion] que le gouvernement nous a mis dans les mains. Ce soir, j'ai de la peine pour mes citoyens.»
Au fil des résultats des 22 référendums sur la défusion qui ont rythmé hier la vie démocratique de Montréal, la déception des uns a laissé place à la joie des autres. Surtout dans les 15 arrondissements qui d'ici janvier 2006 devraient retrouver leur statut de ville, comme l'ont demandé les électeurs. «Et ils méritaient cette victoire, a lancé Suzanne Caron, mairesse de l'arrondissement de Mont-Royal, dont 81 % des résidants ont décidé de se séparer de Montréal. C'est un message très fort qui a été envoyé. Il reste maintenant à relever nos manches pour que tout cela fonctionne.»
Même euphorie, même optimisme du côté de Westmount, où Peter Trent, ancien maire de la municipalité, a célébré en début de soirée un verre de rouge à la main. «J'en étais sûr [que nous allions gagner], a-t-il dit. Maintenant, ça va devenir plus tranquille j'espère, car le débat a été très émotif et colérique dans les dernières semaines. Et puis les résultats dans la région de Montréal prouvent bien que les défusions ne sont pas juste une question d'argent et de langue. Regardez Montréal-Est ou encore Boucherville... »
Ailleurs sur l'île, la foule était en liesse à Montréal-Est, une des seules villes francophones montréalaises à retrouver son identité juridique. Quelques centaines de militants défusionnistes ont bloqué la rue Notre-Dame et hissé le drapeau de la municipalité sur le toit de l'hôtel de ville. «La devise de notre ville: "Peut ce que veut". Cela fait deux ans et demi qu'on travaille. C'est une victoire écrasante», a déclaré Daniel Fournier, qui avait dû céder la présidence du comité défusionniste en raison de sa fonction de col bleu.
Louis Miranda déçu
Aussi dans l'est de la ville, le président du comité du oui à Anjou, Luis Miranda, était très amer de voir sa ville lui glisser entre les mains. «Nous aurions gagné si ce n'avait été de la règle des 35 %. Le Parti libéral a voulu se laver les mains rapidement de sa promesse. L'avenir réserve peut-être des surprises pour ces élus-là», a déclaré Luis Miranda. Son opposant, le conseiller Carol Beaupré, était quant à lui étonné de sa victoire. Il a lancé un appel à la réconciliation de tous les Angevins.
Au-delà du clivage qui s'est exprimé hier par les urnes, reste que «90 % des habitants de l'île de Montréal ont décidé de rester dans la nouvelle ville, a expliqué Benoît Labonté, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Bien entendu, on se serait passé de ces référendums. Mais je suis très satisfait des résultats et très optimiste pour Montréal», dont la légitimité n'est nullement à remettre en question. «D'autant qu'avec le Conseil d'agglomération [une mégastructure qui vient désormais chapeauter l'ensemble des villes fusionnées et défusionnées], Montréal va toujours pouvoir prétendre être une grande métropole», a-t-il ajouté.
Rive sud
Sur la rive sud de Montréal, où quatre des cinq arrondissements se retirent du grand Longueuil, l'atmosphère était à la fête dans les camps défusionnistes. «Enfin le citoyen mérite ce qu'il n'aurait jamais dû perdre», s'est exclamé la leader défusionniste Francine Gadbois, de Boucherville.
«C'est une belle victoire communautaire», a pour sa part déclaré la porte-parole défusionniste de Saint-Bruno de Montarville, Ginette Durocher, qui promet de surveiller la mise en place des comités de transition.
Conseiller municipal pour la fusion dans Saint-Lambert, Gilles Grégoire pense que les citoyens pourraient changer d'idée quand ils réaliseront qu'ils sont enclavés dans Longueuil. «Je suis prêt à aller en élection référendaire là-dessus.»
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