jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 20h52


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Entretien avec Gilles Vaillancourt - Croissance économique et infrastructures vont de pair

Il est impensable de parler de la croissance économique des grandes villes tout en reléguant aux oubliettes le dossier des infrastructures. Maire de Laval, président du conseil d'administration du Centre d'expertise et de recherche en infrastructures urbaines et président de la Coalition pour le renouvellement des infrastructures du Québec, Gilles Vaillancourt convient que ces deux aspects de la vie municipale sont l'un et l'autre de première importance et indissociables.

Les infrastructures occupent une place tellement stratégique qu'elles précèdent toutes les autres formes de développement économique. Le maire Vaillancourt questionne: «Est-ce qu'on peut faire progresser davantage le réseau hospitalier si l'on ne dispose pas de routes pour y accéder et d'eau potable de qualité qui coule dans nos tuyaux? Je pose une autre question: est-ce qu'on pourrait envoyer nos enfants dans une école si l'eau qu'on leur offrait était de la même qualité que l'a été celle de Walkerton? La réponse est assez évidente.» Et il en conclut: «Les infrastructures de base, c'est ce qui rend possible le déroulement normal des autres activités, et c'est ce qui crée une qualité de vie intéressante.»

Il assure que toutes les provinces canadiennes éprouvent les mêmes difficultés en cette matière; celles-ci varient quelque peu mais elles se ressemblent énormément d'un endroit à l'autre. Deux facteurs en sont la cause, selon lui: «Il n'y a jamais eu de politique d'entretien des infrastructures au Québec, ni au Canada d'ailleurs. Parmi les pays du G8, nous sommes le seul à ne pas avoir adopté une politique nationale en ce sens. Un autre élément entre en ligne de compte. Au cours des années 1960, les municipalités devaient faire face à une importante croissance urbaine et tous leurs efforts budgétaires étaient consacrés à l'accueil de nouvelles populations.» Le jour où les municipalités ont manifesté un certain intérêt envers l'entretien des infrastructures, le contexte s'est montré défavorable: «Cela a coïncidé avec la crise économique, avec le déficit des gouvernements. Tous les transferts effectués à ce moment-là, sans fiscalité correspondante, sont venus manger la marge de manoeuvre des municipalités.» Leur manque de moyens pour entretenir adéquatement leurs infrastructures a alors provoqué une croissance très rapide d'un déficit d'entretien chronique.

Investissements rentables et fonds disponibles

Des études universitaires ont prouvé que chaque dollar investi dans les infrastructures valait un rendement de 17 % à cause de l'amélioration de la productivité: «Cet argent favorise la compétitivité des entreprises et aide à diminuer les coûts pour les citoyens, qui subissent privément les conséquences d'infrastructures en mauvais état. Le rendement économique est donc intéressant», selon le maire.

Il est forcé de reconnaître que le financement n'a pas encore été assuré au niveau opportun: «Si on regarde juste la région de Montréal, la remise en état [des infrastructures existantes], sans parler de la création de nouvelles infrastructures stratégiques comme la construction de l'autoroute 30 ou autres éléments du même genre, se chiffrerait à 600 millions de dollars.» Gilles Vaillancourt jongle avec un certain nombre de chiffres et se livre à un rapide calcul: «Les municipalités ne pourraient absorber plus de 20 % des coûts nécessaires. On a franchi une première étape, mais on est loin d'avoir tout solutionné: les gouvernements ont reconnu qu'ils devront s'impliquer financièrement dans ce problème. Il est vrai que le ministre des Finances du Québec, Yves Séguin, a annoncé la création d'un organisme de financement mais, à ce jour, il n'y a pas suffisamment d'argent à l'intérieur de celui-ci. Il faut s'assurer qu'on possède les fonds voulus et, à ce stade-ci, on ne les a pas encore.»

Même si, comme à l'accoutumée, la controversée question du champ de juridiction exclusive des provinces par rapport au fédéral demeure un irritant, au Québec en particulier, deux programmes d'infrastructures ont été mis en place sous les administrations Bouchard et Landry. Cependant, au-delà de pareilles ententes, les municipalités aspirent maintenant à davantage de reconnaissance. Le maire de Laval situe le forum de juin dans cette perspective: «C'est l'objet de celui-ci. Nous ne voulons plus [que les villes soient] considérées comme de simples créatures de la province susceptibles de disparaître selon le bon vouloir de celle-ci, mais plutôt être reconnues comme des partenaires, [lesquels] doivent faire partie des discussions qui les touchent et qui les concernent.»

Le maire Vaillancourt fait ressortir que, sur le plan du financement, les municipalités ont les mains liées et qu'il importe de procéder à un nouveau partage de la croissance économique dans l'optique où le champ foncier de taxation est devenu saturé dans l'économie moderne: «La richesse nouvelle se crée dans les agglomérations et dans les milieux urbains. Les 22 grandes villes canadiennes offrent à leurs gouvernements d'être de meilleures partenaires dans la croissance et dans la création d'une richesse supplémentaire. Quand on affirme qu'on veut faire grimper le produit intérieur brut [PIB] de 2,8 % à 5,4 %, ça veut dire que les deux autres gouvernements vont récolter beaucoup d'argent.»

En tenant compte de cette donnée et des retombées qui s'ensuivront, le premier magistrat et porte-parole municipal en matière d'infrastructures lance ce message: «On veut être de meilleurs partenaires et on veut être considérés comme tels. Donc, on veut obtenir un retour sur cette nouvelle croissance que nous allons créer tous ensemble.»






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009