Entretien avec Jacques Olivier - Les villes ne sont pas des provinces !
Il est maire de Longueuil et vice-président du comité exécutif de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Selon Jacques Olivier, une bonne discussion de la part des membres de ce comité a fait en sorte que cet organisme poursuive des objectifs qui se traduisent en résultats tangibles. Le forum de juin, qui se tiendra à Montréal, illustre bien cette volonté des élus.
«Nous nous sommes aperçus qu'on s'en allait vers une sorte de dérapage, si je peux lui prêter ce nom, à la suite de la réunion de Toronto à laquelle participaient des représentants des dix principales villes du Canada. À ce moment-là, on voulait ni plus ni moins mettre les villes sur le même pied d'égalité que les provinces ou le pays. C'est là que nous avons dit à Gérald Tremblay que nous, au Québec, on n'était pas d'accord avec cette vision, parce que nous voulions travailler avec le gouvernement de la province si l'on veut faire avancer les choses.»
À son avis, le maire de Montréal et président de la CMM, Gérald Tremblay, a alors réussi un coup de maître: «Il leur a fait comprendre qu'il valait beaucoup mieux réunir les 22 plus grandes villes du Canada à Montréal et se considérer comme des partenaires des gouvernements supérieurs, et non pas comme des gens qui se trouvent sur un pied d'égalité sur le plan constitutionnel.» Selon lui, il est bon de remettre ces faits en contexte pour mieux savoir pourquoi cet événement se déroule dans la métropole.
Au fur et à mesure que les gens de la CCM ont progressé dans leurs travaux afin d'assurer une meilleure place pour la région métropolitaine, ils se sont butés à un problème d'ordre économique. De nombreuses études de tous horizons ont démontré que les grandes agglomérations font face à cette même réalité partout dans le monde, et que la mise en place d'une stratégie économique s'impose dans de tels cas. Le maire Olivier en est conscient: «Ce ne sont pas juste des problèmes d'infrastructures, même si nous allons en parler beaucoup, ce qui est bon. Mais il faudra aussi qu'il soit largement question de la diversité économique sous tous les aspects de la problématique reliée aux forces existantes.»
Dans ce sens-là, il fait valoir l'importance de créer une synergie entre les villes et le milieu universitaire: «Il faut miser sur la nature et l'intensité des relations entre les maisons d'enseignement et le monde des affaires. Bien des gens l'ignorent, mais Longueuil travaille en étroite collaboration avec l'Université de Sherbrooke. On n'a pas seulement quatre grandes universités dans la grande région de Montréal, on en a cinq maintenant.»
La réunion des 22 villes
Selon lui, sans qu'il veuille susciter un débat à ce propos, les fusions ont servi à faire mousser l'idée d'une stratégie de développement économique à long terme: «Celles-ci ont doté plusieurs municipalités d'une force démographique à l'intérieur de la Communauté, laquelle leur a servi à faire contrepoids avec ce qu'on appelait "Montréal: une île, une ville", de telle sorte qu'on peut maintenant travailler en collaboration avec cette municipalité plutôt que dans un esprit de concurrence.»
C'est là qu'est né un réseau élargi d'acteurs de la scène municipale en provenance de toutes les provinces: «Je pense que nous allons avoir un forum intéressant, avec la présence de 22 grandes villes du Canada qui représentent plus de 60 % du produit intérieur brut du pays.» Il dit également avoir hâte de savoir quelle sera la participation, autant du gouvernement provincial que fédéral, aux discussions qui auront cours.
Revoir la fiscalité municipale
Jacques Olivier souligne à propos du manque de ressources financières que les besoins des villes ont complètement changé entre le XIXe siècle et le temps présent: «C'est le jour et la nuit. Autrefois, 80 % de la population était rurale alors qu'aujourd'hui c'est l'inverse.» En vertu de cette réalité, les villes doivent trouver de nouvelles sources de financement.
Et ce, d'autant plus qu'il considère la taxe foncière comme un impôt sauvage: «Je ne dispose pas de statistiques pour le nouveau Longueuil, mais on me dit qu'il y a près de 5000 propriétaires de petits bungalows qui reçoivent le supplément du revenu garanti. Ça veut dire que la seule richesse de ces gens repose sur le fait d'être propriétaire lorsqu'ils sont âgés d'environ 65 ans. Or, quand le municipal augmente de 1 % l'impôt foncier, c'est une taxe sauvage qui vient s'appliquer à tout le monde, indépendamment de la force économique de chacun.» Selon lui, être propriétaire ne veut pas dire être riche.
Il importe donc de déterminer maintenant les sources de revenus qui serviront à défrayer les coûts des responsabilités transmises aux villes par les gouvernements supérieurs. Il en va ainsi pour le transport en commun: «Une ville comme Longueuil doit payer près de 100 millions de dollars par année pour ce service. Ce genre d'infrastructures, quelqu'un doit en assumer les frais.»
Il indique que certaines personnes ou hommes politiques semblent effrayés quand les élus municipaux demandent un appui financier: «On ne veut pas des pouvoirs, on réclame une capacité de répondre aux besoins des citoyens de chacune de nos municipalités. On demande aussi de disposer de moyens pour être compétitifs en Amérique du Nord. On doit augmenter davantage notre PIB pour créer plus de richesse, pour la partager et pour l'investir dans les infrastructures.»
«Nous nous sommes aperçus qu'on s'en allait vers une sorte de dérapage, si je peux lui prêter ce nom, à la suite de la réunion de Toronto à laquelle participaient des représentants des dix principales villes du Canada. À ce moment-là, on voulait ni plus ni moins mettre les villes sur le même pied d'égalité que les provinces ou le pays. C'est là que nous avons dit à Gérald Tremblay que nous, au Québec, on n'était pas d'accord avec cette vision, parce que nous voulions travailler avec le gouvernement de la province si l'on veut faire avancer les choses.»
À son avis, le maire de Montréal et président de la CMM, Gérald Tremblay, a alors réussi un coup de maître: «Il leur a fait comprendre qu'il valait beaucoup mieux réunir les 22 plus grandes villes du Canada à Montréal et se considérer comme des partenaires des gouvernements supérieurs, et non pas comme des gens qui se trouvent sur un pied d'égalité sur le plan constitutionnel.» Selon lui, il est bon de remettre ces faits en contexte pour mieux savoir pourquoi cet événement se déroule dans la métropole.
Au fur et à mesure que les gens de la CCM ont progressé dans leurs travaux afin d'assurer une meilleure place pour la région métropolitaine, ils se sont butés à un problème d'ordre économique. De nombreuses études de tous horizons ont démontré que les grandes agglomérations font face à cette même réalité partout dans le monde, et que la mise en place d'une stratégie économique s'impose dans de tels cas. Le maire Olivier en est conscient: «Ce ne sont pas juste des problèmes d'infrastructures, même si nous allons en parler beaucoup, ce qui est bon. Mais il faudra aussi qu'il soit largement question de la diversité économique sous tous les aspects de la problématique reliée aux forces existantes.»
Dans ce sens-là, il fait valoir l'importance de créer une synergie entre les villes et le milieu universitaire: «Il faut miser sur la nature et l'intensité des relations entre les maisons d'enseignement et le monde des affaires. Bien des gens l'ignorent, mais Longueuil travaille en étroite collaboration avec l'Université de Sherbrooke. On n'a pas seulement quatre grandes universités dans la grande région de Montréal, on en a cinq maintenant.»
La réunion des 22 villes
Selon lui, sans qu'il veuille susciter un débat à ce propos, les fusions ont servi à faire mousser l'idée d'une stratégie de développement économique à long terme: «Celles-ci ont doté plusieurs municipalités d'une force démographique à l'intérieur de la Communauté, laquelle leur a servi à faire contrepoids avec ce qu'on appelait "Montréal: une île, une ville", de telle sorte qu'on peut maintenant travailler en collaboration avec cette municipalité plutôt que dans un esprit de concurrence.»
C'est là qu'est né un réseau élargi d'acteurs de la scène municipale en provenance de toutes les provinces: «Je pense que nous allons avoir un forum intéressant, avec la présence de 22 grandes villes du Canada qui représentent plus de 60 % du produit intérieur brut du pays.» Il dit également avoir hâte de savoir quelle sera la participation, autant du gouvernement provincial que fédéral, aux discussions qui auront cours.
Revoir la fiscalité municipale
Jacques Olivier souligne à propos du manque de ressources financières que les besoins des villes ont complètement changé entre le XIXe siècle et le temps présent: «C'est le jour et la nuit. Autrefois, 80 % de la population était rurale alors qu'aujourd'hui c'est l'inverse.» En vertu de cette réalité, les villes doivent trouver de nouvelles sources de financement.
Et ce, d'autant plus qu'il considère la taxe foncière comme un impôt sauvage: «Je ne dispose pas de statistiques pour le nouveau Longueuil, mais on me dit qu'il y a près de 5000 propriétaires de petits bungalows qui reçoivent le supplément du revenu garanti. Ça veut dire que la seule richesse de ces gens repose sur le fait d'être propriétaire lorsqu'ils sont âgés d'environ 65 ans. Or, quand le municipal augmente de 1 % l'impôt foncier, c'est une taxe sauvage qui vient s'appliquer à tout le monde, indépendamment de la force économique de chacun.» Selon lui, être propriétaire ne veut pas dire être riche.
Il importe donc de déterminer maintenant les sources de revenus qui serviront à défrayer les coûts des responsabilités transmises aux villes par les gouvernements supérieurs. Il en va ainsi pour le transport en commun: «Une ville comme Longueuil doit payer près de 100 millions de dollars par année pour ce service. Ce genre d'infrastructures, quelqu'un doit en assumer les frais.»
Il indique que certaines personnes ou hommes politiques semblent effrayés quand les élus municipaux demandent un appui financier: «On ne veut pas des pouvoirs, on réclame une capacité de répondre aux besoins des citoyens de chacune de nos municipalités. On demande aussi de disposer de moyens pour être compétitifs en Amérique du Nord. On doit augmenter davantage notre PIB pour créer plus de richesse, pour la partager et pour l'investir dans les infrastructures.»
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