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Raz-de-marée défusionniste

Le maire Gérald Tremblay s’est déclaré surpris par le grand nombre de référendums : «nous avions ciblé 22 anciennes villes sensibles et elles vont toutes en référendum.» Cela reflète selon lui «la frustration à l’égard des fusions forc
Photo : Jacques Nadeau
Le maire Gérald Tremblay s’est déclaré surpris par le grand nombre de référendums : «nous avions ciblé 22 anciennes villes sensibles et elles vont toutes en référendum.» Cela reflète selon lui «la frustration à l’égard des fusions forc
Les citoyens ont parlé fort, très fort, sur l'île de Montréal, où ils ont contraint la tenue de référendums sur les défusions dans 22 arrondissements. Puisque, comme la loi le prévoit, 10% ou plus des électeurs inscrits y ont signé le registre réclamant cette consultation, qui aura lieu le 20 juin prochain.

Le même scénario s'est produit ailleurs au Québec, menaçant d'éclatement certaines des 42 villes fusionnées en 2002. Douze des 13 anciennes villes de Québec iront en référendum. Cinq des huit anciennes villes de Longueuil, quatre des cinq de Gatineau et quatre des neuf de Sherbrooke aussi. En revanche, à Saguenay comme à Trois-Rivières, aucune des anciennes municipalités n'a obtenu le minimum requis.

À Montréal, sur les 28 anciennes villes, il n'y a somme toute que Lachine, Montréal, Montréal-Nord, Outremont, Saint-Léonard et Verdun qui n'iront pas en référendum.

Les anciennes villes où il y aura consultation sont Anjou, Baie-d'Urfé, Beaconsfield, Côte-Saint-Luc, Dollard-des-Ormeaux, Dorval, Hampstead, Kirkland, Lasalle, l'île-Bizard, L'île-Dorval, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Mont-Royal, Pierrefonds, Pointe-Claire, Roxboro, Sainte-Anne-de-Bellevue, Sainte-Geneviève, Saint-Laurent, Senneville et Westmount. Les pourcentages les plus élevés d'électeurs ayant signé le registres ont été constatés dans les petites communautés comme l'île Dorval (79,17%), Senneville (61,80%), Baie d'Urfé (57,37%).

En revanche, les électeurs des anciennes villes comme Lasalle (11,21%) et Sainte-Geneviève (14,21%) ont signé en moins grand nombre. Notons que des secteurs considérés comme chauds ont obtenu facilement leur référendum : Saint-Laurent, (18,53%) et Anjou (16,88%).

Le maire Gérald Tremblay s'est déclaré surpris par le grand nombre de référendums : «nous avions ciblé 22 anciennes villes sensibles et elles vont toutes en référendum.» Cela reflète selon lui «la frustration à l'égard des fusions forcées de 2002». Sur un ton grave et décidé, il a promis de consacrer dans le prochain mois toutes ses énergies à convaincre les citoyens de voter contre les défusions et de rester dans la ville de Montréal. Cherchant à relativiser la victoire éclatante des défusionnistes, il a fait remarquer que tous ceux qui sont allés signer le registre ne cherchent pas nécessairement à recréer leur ville. Aussi, «73 pour cent de la population a choisi la grande ville de Montréal», a-t-il déclaré. Il a tenu à dire que toutes les villes qui seront consultées ne seront pas nécessairement défusionnées. Rappelons que selon les règles fixées par la loi 9, un référendum sera déclaré gagnant non seulement si le nombre de vote en faveur de la reconstitution d'une ex-ville est de 50 % plus un des votes valides, mais en plus, cette majorité devra représenter au moins 35 % des électeurs inscrits de l'ancienne ville. Or, dans cette étape de registre, le nombre de signatures a excédé 35% dans huit anciennes villes de l'île de Montréal : Baie d'Urfé, Beaconsfield, L'île Dorval, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Pointe-Claire, Senneville et Westmount.

Quelques chefs défusionnistes, dont Anthony Housefather et Bernard Paquet, étaient présents hier à la divulgation des résultats, à l'hôtel de ville de Montréal. Lorsque le Devoir a révélé à M. Paquet le chiffre de 10477 signatures pour le secteur de Saint-Laurent, ce dernier n'en croyait pas ses yeux. «C'est une grande victoire pour les bénévoles», s'est-il exclamé, extatique. Pour la campagne qui s'engage aujourd'hui, il dit que rien n'entamera le «momentum» des défusionnites, «surtout pas les campagnes de peur de M. Tremblay. Au contraire, le maire nous a beaucoup aidé en tentant de faire peur aux gens», a-t-il déclaré.

Hier soir, le vrai débat référendaire a donc été lancé. Le Directeur général des élections prendra d'ailleurs en charge l'organisation des consultations, alors que le bureau des greffiers des grandes villes s'était chargé de la période des registres. Pour la période qui s'ouvre actuellement, le maire Tremblay a souligné que «la question ne regarde pas que les élus», allusion à peine voilée à une déclaration du recteur de l'Université de Montréal et membre de la Coalition Montréal, Robert Lacroix, qui avait récemment affirmé à La Presse : «C'est dorénavant entre les mains de ce que j'appelle le marché politique.»

Rive-Sud

Pas de surprise du côté de la Rive-Sud: Boucherville (10333 signatures), Brossard (12053), Greenfield Park (2208), Saint-Bruno (6789), et Saint-Lambert (5309) ont largement dépassé le seuil de signatures fixé à 10%, Boucherville et Saint-Bruno flirtant même avec le 35%. Seuls Longueuil, LeMoyne et Saint-Hubert n'ont pas franchi cette barre.

Le maire de Longueuil, Jacques Olivier, a lancé dès l'annonce des résultats la balle dans le camp du gouvernement. «C'est son problème, maintenant. Il doit prendre des responsabilités qu'il n'a pas encore prises, et clairement dire de quel côté il se situe (...). Ce n'est pas aux maires d'aller dépenser des sommes pour expliquer aux gens ce qui est bon ou pas dans cette loi.» Ainsi, le maire affirme ne pas avoir l'intention de se promener avec un chapeau du oui ou du non sur la tête. «J'ai été élu pour bâtir une ville, pas l'inverse.» Notons que le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, commentera les résultats aujourd'hui, à 10h00.

Olivier refuse de voir les résultats comme un camouflet personnel. Quatre-vingt-cinq pour cent des gens ne sont pas allés signer, a-t-il rappelé, ce qui indique selon lui que ces citoyens sont contre les démembrements. «J'aurais aimé dire qu'on n'aurait pas à mener d'autres batailles pour vendre cette ville, mais c'est comme ça en démocratie et il faut l'accepter. Maintenant, le taux d'abstention démontre que c'est loin d'être terminé, et j'ai hâte au 21 juin. »

Si quelques défusionnistes étaient présents à la conférence de presse du maire, donnée à l'hôtel de ville, ils sont restés discrets. «C'est la fin de la deuxième période, il reste encore toute la troisième, énonçait Jean-Louis Richer, de Pro-Boucherville. Il n'y aura pas lieu de fêter avant le 20 juin, d'autant plus qu'on sait que ce ne sera pas facile de faire sortir le vote, juste avant les élections fédérales.» Mais Richard Lalancette, également de Boucherville, s'est dit plutôt surpris de la force du vote. «À 35%, c'est étonnant. Ça nous prouve qu'on peut tout à fait gagner le référendum.»

Les défusionnistes de Brossard étaient eux aussi convaincu du futur résultat: un des membres distribuait à l'entrée de la salle un «Avis d'éviction» destiné au maire Olivier...






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  • Monique Joyal-Painchaud
    Inscrite
    vendredi 21 mai 2004 22h57
    L'esprit de clocher, clocher des anciennes ou des nouvelles?
    « Vous nous reprochez notre esprit de clocher et vous nous demandez de travailler à bâtir le vôtre, votre clocher. Soyez réalistes. Pourquoi abandonner le développement de sa ville que l'on aime pour bâtir une ville qui nous est indifférente.

    Avant Québec envoyait des subventions aux villes. Maintenant, nous devrons payer à Québec et de nouveau aux agglomérations ces taxes pour les mêmes dépenses.

    Nous avons gagné la bataille des registres mais est-ce que le gouvernement nous permettra non seulement de parler et de dire notre volonté, mais aussi de vivre comme citoyens de ces villes que l'on veut garder.

    Le gouvernement sera-t-il jusqu'au bout compagnon des citoyens qui ont pu s'exprimer?
    La loi sera-t-elle en accord avec nos choix?

    Ou la loi nous emmènera-t-elle chez les fusionnistes, dans ces fusions de nulle part contre lesquelles nous nous battions. »

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