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Le ruban des défusionnistes est illégal

Plusieurs des rubans bleus symbolisant la lutte pour la défusion, qui ornent les arbres et les poteaux des arrondissements souhaitant quitter les grandes villes, sont théoriquement illégaux. Car ils ne portent pas, comme l'exigent les règles du Directeur général des élections (DGE), le numéro d'autorisation exigé pour «effectuer des dépenses publicitaires» pendant la période des registres. «C'est du matériel publicitaire. En principe, ça prend un numéro d'autorisation sur chaque ruban», souligne Denis Dion, du DGE.

Dans la lettre que le DGE envoie à toutes les «personnes intéressées» par des dépenses de publicité pendant la période des registres et par laquelle il attribue un «numéro d'autorisation» à cette même personne, il est écrit: «Vous ne pouvez utiliser un bien pour lequel vous avez fait ou engagé une dépense, dont tout ou une partie du coût constitue une dépense de publicité, que si ce numéro est indiqué sur ce bien.»

Est-ce à dire que le DGE se mettra à vérifier les milliers de rubans un par un? Non. «On n'a pas une attitude ni une mentalité policières. Nous, on agit lorsqu'il y a des plaintes», dit Denis Dion, qui a refusé de dire au Devoir si le DGE en avait reçu.

Le fameux ruban défusionniste, reproduit en toute taille, est de la même forme que celui, rouge, symbolisant la lutte contre le sida. Pourquoi bleu, dans le cas de la défusion? Tout origine de Baie d'Urfé. Maria Tutino, défusionniste de cette arrondissement, lance fièrement: «Le bleu, c'est celui du drapeau de notre ville! On l'a adopté dès le début de la lutte contre les fusions forcées.» Puis, presque toutes les organisations défusionnistes ont emboîté le pas. De Boucherville à Sillery. Sauf à Montréal-Est où l'ancien maire Yvon Labrosse affirme avoir préféré ne pas reprendre le ruban bleu, trop associé à l'ouest de l'île selon lui.

Mme Tutino trouve la loi tatillonne, mais elle dit tenter de la respecter depuis le 22 avril, date du début de la période des registres, où son équipe et elle collent les numéros d'autorisation exigés sur rubans et affiches. Toutes ces règles sont d'autant plus complexes qu'elles sont appliquées ici pour la première fois, fait valoir M. Dion. «Habituellement, il n'y a pas de règles dans les cas de registre au municipal. On va rester dans les bornes du bon sens en les appliquant.»
 
 
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