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    Libre opinion

    Quelle démocratie municipale?

    1 novembre 2017 | Jean-François Robert - Saint-Félicien | Villes et régions
    Cela coule de source que les centres de décisions doivent se rapprocher du lieu où s’appliquent ces décisions, estime l'auteur. 
    Photo: Getty Images Cela coule de source que les centres de décisions doivent se rapprocher du lieu où s’appliquent ces décisions, estime l'auteur. 

    La campagne électorale municipale tire à sa fin et rien de bien original ne s’impose dans les médias. Pas même dans les médias dits sociaux. Pourtant, s’il est un enjeu qui devrait faire partie de toutes les plateformes, de toutes les interventions des candidats, c’est celui qui découle de l’adoption récente du projet de loi 122 et qui veut faire des villes de véritables gouvernements de proximité.

     

    L’enjeu, précisément, ne tient pas à la bonne intention de départ, avec laquelle il est difficile d’être en désaccord. En effet, cela coule de source que les centres de décisions doivent se rapprocher du lieu où s’appliquent ces décisions.

     

    Mais cela ne pourra correctement se faire que si cette initiative est assujettie à des mécanismes de consultation populaire adéquats et efficaces. Cela implique la mise en place, par le gouvernement du Québec, d’un organisme de contrôle indépendant auquel les citoyens peuvent avoir recours s’ils jugent que les consultations sont partiales ou manipulées. Les exemples de consultations bidon ne manquent pas.

     

    Or il n’en est rien. Non seulement la loi ne prescrit pas, formellement, de moyens pour favoriser la participation des citoyens aux décisions relatives aux grands enjeux de développement, mais elle laisse toute latitude aux villes pour consulter, ou pas, leurs citoyens.

     

    Ce faisant, le gouvernement Couillard obéit aveuglément aux pressions des regroupements de municipalités et des lobbys affairistes qui trouvent que consulter les citoyens, ça ralentit les processus de décision et de réalisation des projets. S’il est vrai que les mécanismes en place, avant l’adoption du projet de loi 122, méritaient une sérieuse révision de manière à les rendre plus efficaces et surtout plus accessibles, il fallait s’appliquer à cette tâche plutôt que de s’en débarrasser en la laissant aux mains de ceux qui en contestent la pertinence.

     

    Du marketing

     

    Si rien n’est fait pour mettre en place les outils qui permettent d’affirmer que nous vivons bien en démocratie au niveau municipal, nous nous éloignerons, aussi et définitivement, du concept de développement durable duquel, pourtant, tous les aspirants aux postes électifs se réclament. Du marketing, sans plus.

     

    Le défunt journaliste Gil Courtemanche avait bien saisi l’ampleur du problème : « La politique municipale n’existe pas, le commerce municipal, lui, existe. »

     

    Si rien n’est fait pour mettre le débat public structuré au coeur du processus décisionnel, la loi visant à reconnaître les municipalités comme gouvernements de proximité risque d’institutionnaliser cette culture du tripotage déjà bien ancrée chez nous et mise en lumière par les excès qui ont fait l’objet de commissions d’enquête.

     

    Ce n’est pas en ayant la possibilité de changer de représentants lors d’élections à dates fixes que nous pourrons modifier cet état de chose, à plus forte raison si les candidats n’ont rien de cohérent à proposer en matière de politique de consultation publique.

     

    Il serait toutefois injuste de leur faire porter seuls la responsabilité de cette non-démocratie, si nous-mêmes, citoyens, ne voyons pas l’importance du rôle politique qui nous incombe entre les élections.













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