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    Les ratés en transport freinent l’essor économique en Gaspésie

    7 octobre 2017 | Thierry Haroun - Collaborateur à Percé | Villes et régions
    Les trains de marchandises me relient plus Gaspé, à cause de la désuétude du chemin de fer.
    Photo: Thierry Haroun Les trains de marchandises me relient plus Gaspé, à cause de la désuétude du chemin de fer.

    L’essor économique de la Gaspésie est freiné par des infrastructures de transport, désuètes ou inadaptées, qui n’arrivent pas à répondre aux besoins des industriels et autres acteurs concernés par ce problème, devenu un enjeu majeur de la campagne électorale qui bat son plein dans la péninsule.


    Le marché européen du homard frais, un bassin potentiel de 500 millions de consommateurs, échappe toujours à l’industrie gaspésienne de la pêche aux homards. La Gaspésie ne dispose d’aucun aéroport « digne de ce nom » — pour reprendre l’expression de plusieurs politiciens —, ce qui met un frein à l’exportation du homard frais, qui doit être livré en 48 heures. Aucun des quatre aéroports de la région, dont Bonaventure ou Grande-Rivière, ne peut répondre aux exigences (piste trop courte, pas de desserte cargo ou de gros-porteur, etc.) de ce marché.

     

    Résultat, seul le homard congelé s’exporte vers le Vieux Continent et l’Asie. « Le potentiel d’exportation du homard frais est d’autant plus gros maintenant avec l’accord de libre-échange Canada-Europe. Quel que soit l’endroit, ça va nous prendre un aéroport et un transporteur pour répondre à cette demande, c’est un dossier important pour toute la Gaspésie », fait valoir Gino Cyr, candidat à la mairie de Grande-Rivière et directeur général de Gimxport, une firme qui se spécialise dans l’exportation de produits à travers le monde.

     

    La préfète sortante de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, est du même avis. « Le problème, en fait, c’est qu’on demande à l’industrie du homard de porter ce dossier. En d’autres mots, le gouvernement et d’autres disent que pour être en mesure de financer une telle infrastructure, on doit démontrer son utilité », fait-elle valoir, avant d’ajouter que la baisse démographique en Gaspésie est le plus gros obstacle à la mise à niveau des infrastructures de transport dans leur ensemble. « On nous demande de les rentabiliser, mais on ne pourra pas. Écoutez, les dossiers de transport en Gaspésie sont très complexes à analyser : nous avons beaucoup d’infrastructures à entretenir, sur un grand territoire, et peu de gens pour les utiliser. Par contre, on doit avoir un soutien gouvernemental dans l’optique de l’occupation dynamique du territoire ! »

     

    « C’est une question de vitalité économique pour nos entreprises », renchérit le maire sortant de Bonaventure, Roch Audet.

     

     

    Trains vétustes

     

    À 200 km de là, le maire sortant de Gaspé, Daniel Côté, prie tous les dieux pour que le train de marchandises relie à nouveau Gaspé, ce qui n’est plus le cas depuis des années en raison de la désuétude du rail. « Cela freine notre élan économique sur le plan de l’éolien. Il y a en moyenne six pales par jour qui quittent l’usine de LM Windpower de Gaspé par camion. Chaque pale est accompagnée par un convoi de cinq véhicules, dont deux de la Sûreté du Québec. Ça coûte de l’argent à la compagnie, ça joue sur sa compétitivité et ça nuit à la circulation routière. » Québec s’est engagé à investir 100 millions au cours des prochaines années pour la réfection du rail gaspésien qui, pour l’instant, est en fonction jusqu’à New Richmond, d’où repartent par train les pales en partance de Gaspé.

     

    Autres défis

     

    À Percé, Cathy Poirier, candidate à la mairie et copropriétaire d’une entreprise de saumon fumé bien en vue, explique que lorsqu’Orléans Express a réduit substantiellement ses services en Gaspésie en 2015, elle s’est vue dans l’obligation d’investir dans une flotte de camions pour assurer la distribution de ses produits. « Ce n’est pas un service qui est rentable, loin de là. Mais j’ai dû trouver une solution. »

     

    « Le dossier des infrastructures de transport est la raison pour laquelle je me représente », affirme d’emblée au Devoir la mairesse sortante de Chandler, Louisette Langlois. Elle a fait du transfert de son port de mer sa priorité. Il est la propriété du fédéral, mais elle souhaite qu’il devienne la propriété de la Ville pour que celle-ci ait les coudées franches. Les négociations en ce sens sont en cours. « On a des projets pour du transbordement industriel. On veut développer, alors mieux vaut être propriétaire. » Enfin, en Haute-Gaspésie, pas moins de 4 millions de dollars sont à investir pour mettre à niveau l’aéroport de Sainte-Anne-des-Monts. Le préfet sortant de la MRC Haute-Gaspésie, Allen Cormier, en fait une priorité. « C’est une infrastructure qui sert entre autres à l’évacuation d’urgence des patients par avion-ambulance », rappelle au bout du fil l’ancien journaliste.
     













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