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    L’héritage de Caroline St-Hilaire en jeu à Longueuil

    L’administration de la maire sortante, Caroline St-Hilaire, proposait de développer d’ici 2035 un nouveau centre-ville autour de la station de métro Longueuil-Université de Sherbrooke.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’administration de la maire sortante, Caroline St-Hilaire, proposait de développer d’ici 2035 un nouveau centre-ville autour de la station de métro Longueuil-Université de Sherbrooke.

    Après huit ans de règne, Caroline St-Hilaire cède son siège de mairesse de Longueuil en laissant derrière elle plusieurs réalisations, mais également un parti politique déchiré et un ambitieux projet inachevé. En se rendant aux urnes le 5 novembre prochain, les citoyens de la cinquième ville du Québec devront décider s’ils veulent suivre la voie qu’elle a tracée ou changer de direction.


    La place Charles-Lemoyne est presque déserte en ce début d’après-midi du mois d’octobre. Mis à part les quelques étudiants qui y passent à toute vitesse pour s’engouffrer dans la station de métro qui se trouve juste à côté, c’est le calme plat.

     

    C’est autour de cette place aménagée il y a quelques années que Caroline St-Hilaire espère voir se développer d’ici 2035 un nouveau centre-ville, comprenant notamment une nouvelle salle de spectacle et 8500 logements. Mais Christiane Martin, qui lit son journal sur un des bancs publics, n’est pas convaincue du tout du bien-fondé de ce projet.

     

    « Ça ne “pogne” pas, affirme cette dame qui habite Longueuil depuis plus de 20 ans, en regardant autour d’elle. Ils disent qu’ils veulent un centre-ville, mais il y en a déjà un, rue Saint-Charles. »

     

    La mairesse St-Hilaire, elle l’« aimait bien », mais ce projet, Mme Martin ne le comprend pas. « C’est mort ici, ils perdent leur argent. »

     

    Course mouvementée

     

    « Ici, ça va devenir un centre-ville digne d’une ville comme Longueuil, avec des hôtels, des tours à condos, des résidences pour personnes âgées, un complexe culturel, des restaurants », prédit malgré tout la candidate à la mairie Sylvie Parent, qui défend l’initiative. Cette conseillère municipale entrée en poste en 2009 a succédé à Mme St-Hilaire à la tête d’Action Longueuil à la suite d’une course à la direction pour le moins houleuse.

     

    En avril, elle a remporté l’investiture du parti avec 53 % des voix. La candidate défaite, Josée Latendresse, a aussitôt quitté le navire en dénonçant des jeux de coulisse disgracieux, et ses supporteurs l’ont suivie. Aujourd’hui, 9 des 15 conseillers municipaux appuient Mme Latendresse, qui se présente aux élections municipales à la tête de son propre parti, Longueuil Citoyen.

     

    À son avis, le projet de centre-ville dévoilé en février dernier est « démesuré » et n’a servi qu’à mettre en valeur la mairesse sortante. « C’est une oeuvre inachevée qui ne ressemble pas à qui nous sommes », dit-elle. Elle promet donc de retourner à la table à dessin et de miser plutôt sur le développement de quartiers décentralisés, ce qu’elle appelle des « centres-quartiers ».

     

    La « même famille »

     

    Pendant que Sylvie Parent promet de concrétiser la vision de Caroline St-Hilaire et que Josée Latendresse clame la fin du leadership « autocratique » de la mairesse sortante, Sadia Groguhé tente de se démarquer en demeurant aux abords du ring.

     

    « Les citoyens veulent du changement. Ils sont déçus de l’administration de Caroline St-Hilaire et les deux autres candidates dans cette course sont issues de la même famille », fait valoir l’ancienne députée néodémocrate de la circonscription de Saint-Lambert.

     

    En campagne électorale, elle adopte une approche pragmatique. Le projet de centre-ville près du métro ? Il ne faut pas « faire table rase » de ce projet, mais plutôt voir s’il peut être amélioré. Et l’impôt foncier ? Il faut le garder « le plus bas possible », sans faire de promesses irréalistes.

     

    À ce sujet, Sylvie Parent promet de plafonner la hausse de l’impôt foncier moyen à 1 % par année pour les quatre prochaines années, tandis que Josée Latendresse s’engage à le geler jusqu’en 2020 pour « donner un répit aux citoyens ».

     

    Deuxième mairesse

     

    Pour la première fois de l’histoire de Longueuil, trois femmes convoitent la mairie de la Ville. Dans un peu moins d’un mois, les Longueuillois éliront donc leur deuxième mairesse en plus de 160 ans. Reste à savoir laquelle.

     

    « La différence que j’ai à offrir, c’est que le 6 novembre, je suis fonctionnelle, affirme Mme Parent, en attaquant à mots couverts Josée Latendresse, qui est conseillère depuis février 2016. Tous les grands dossiers, je les ai vus, je les ai travaillés. […] Je ne prendrai pas de temps à essayer de comprendre ce qui se passe. »

     

    « J’ai travaillé pour faire une différence dans le monde dans lequel j’étais et aujourd’hui, j’ai une vision pour le Longueuil de demain. Je ne marche dans les pas de personne », répond la candidate de Longueuil Citoyen.

     

    Quel sera donc l’enjeu décisif de cette élection ? Le centre-ville en devenir ? La gestion des fonds publics ? Ou simplement la personnalité des candidates en lice ? Sans doute un peu de tout ça, admettent les deux alliées devenues rivales.

     

     

    Principaux engagements des candidates Sylvie Parent (Action Longueuil)

    Hausse moyenne de l’impôt foncier limitée à 1 % par année
    Poursuite du projet de centre-ville 2035
    Investissements de 2 milliards en construction d’ici 2021

    Josée Latendresse (Longueuil Citoyen)

    Gel de l’impôt foncier jusqu’en 2020
    Développement de « centres-quartiers »
    Diminution de 20 % des émissions de GES attribuables à la Ville

    Sada Groguhé (Option Longueuil)

    Maintien de l’impôt foncier « le plus bas possible »
    Création d’un bureau d’intégration des nouveaux arrivants
    Mise sur pied d’un sommet sur le développement communautaire et social

     

    Les villes liées réclament une réforme Un des principaux enjeux de la campagne électorale longueuilloise dépasse les frontières de la ville. Les maires de trois villes liées — Saint-Bruno, Brossard et Saint-Lambert — réclament une réforme de la gestion de l'agglomération, qui administre certains services municipaux mis en commun. Et les candidates à la mairie offrent des réponses bien différentes. Les trois villes liées ont lancé la campagne « On paie trop » en soutenant qu'elle assument une part démesurée de la facture pour les services municipaux qu'elles reçoivent et que la transparence fait défaut. « Je vous défie, en regardant les états financiers produits par Longueuil, de trouver combien ça coûte exactement pour administrer cette patente-là qui s'appelle l'agglomération de Longueuil. C'est kafkaïen », affirme le maire sortant de Saint-Bruno, Martin Murray. Les trois maires de la Rive-Sud réclament notamment la création d'une entité indépendante pour gérer l'agglomération, au sein de laquelle ils seraient mieux représentés, et l'application du principe de l'utilisateur-payeur. Sylvie Parent, d'Action Longueuil, se dit ouverte à des changements, mais pas à ceux actuellement réclamés. « Ce n'est pas vrai que la population de Longueuil va payer 15 millions de plus par année. Parce qu'on paye déjà 48 % de la facture », tranche-t-elle. La candidate de Longueuil Citoyen, Josée Latendresse, ne s'avance pas sur des modifications à apporter, mais elle promet de créer une commission sur la gouvernance de l'agglomération pour éliminer les irritants. « Pour réussir, il va falloir qu'on se parle », résume-t-elle. Sadia Groguhé, d'Option Longueuil, souhaite elle aussi ouvrir la discussion. « Je ne veux pas dicter aux collègues des autres villes la façon avec laquelle cette agglomération doit fonctionner. »













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