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    Biomasse: débouchés prometteurs en régions

    27 mai 2015 | Isabelle Porter à Rimouski | Villes et régions
    Les perspectives ne manquent pas pour la biomasse, mais l’économie tarde à tirer profit de la ressource forestière.
    Photo: Getty Images Les perspectives ne manquent pas pour la biomasse, mais l’économie tarde à tirer profit de la ressource forestière.

    À La Tuque, en Mauricie, le développement de la biomasse est devenu un projet économique à part entière et les initiatives du genre se multiplient en milieu rural. Si les scientifiques conviennent qu’elle n’est pas une panacée, ils plaident qu’elle est un formidable outil pour diversifier l’économie des régions.

     

    La biomasse désigne les différentes matières organiques qui peuvent être transformées en énergie.

     

    « Par rapport aux autres énergies renouvelables, c’est la plus porteuse sur le plan socio-économique. […] De la récolte au produit final, c’est très créateur au niveau des emplois », a expliqué Simon Barnabé, de la Chaire de recherche industrielle en environnement et technologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

     

    Les débouchés ne manquent pas pour la biomasse, explique-t-il, mais il trouve que l’économie tarde à tirer profit de la ressource. « On n’a pas manqué le bateau, mais on est en retard. »

     

    C’est que contrairement à l’Europe, qui a adopté la biomasse en réponse à sa dépendance énergétique, le Québec jouit du confort que lui procure l’hydroélectricité. Et si la biomasse est considérée comme un substitut vert aux combustibles fossiles, sa contribution environnementale est limitée du fait qu’elle émet quand même beaucoup de gaz à effet de serre (GES) lorsqu’elle brûle.

     

    D’où l’importance de l’argument régional. Dans sa présentation à l’Acfas à Rimouski, M. Barnabé a présenté l’initiative de La Tuque, municipalité très dépendante de l’exploitation forestière qui a décidé de se doter de nouveaux débouchés avec la biomasse. Entourée de forêts, La Tuque a décidé de se doter d’une bioraffinerie, une première canadienne et un outil potentiel de diversification économique.

     

    L’an dernier, les organismes intéressés par la filière de la biomasse ont constitué une coalition baptisée « Vision Biomasse Québec », qui souhaite se faire entendre le plus possible. La porte-parole de ce groupe, Amélie Saint-Laurent Samuel, est d’ailleurs venue expliquer aux chercheurs à l’Acfas qu’elle comptait sur eux pour rendre l’exploitation de la ressource la plus performante possible sur les plans environnemental et économique.

     

    Son regroupement cherche actuellement à convaincre le gouvernement Couillard de donner une place-clé à la biomasse dans la nouvelle Politique énergétique. À des fins stratégiques, on a décidé de miser sur la biomasse de résidus forestiers destinée à la production de chaleur, a signalé Mme Saint-Laurent Samuel aux chercheurs réunis à Rimouski.

     

    Parmi toutes les utilisations possibles de la biomasse, il s’agit de la « filière la plus mature », a-t-elle expliqué. À l’heure actuelle, on ne recense pas moins de 60 projets au Québec dans le domaine. « On a des projets acéricoles, une fromagerie, des serres, des fabricants de bois. On a même une mine chauffée à la biomasse dans le Nord ».

     

    Or, pendant ce temps, les chercheurs trouvent aussi de nouveaux débouchés ailleurs. Aziz Laghdir, du cégep de Rimouski, a notamment présenté des résultats prometteurs pour décontaminer le bois issu des vieilles voies de chemin de fer en bois. « Chaque année, pas moins de quatre millions de traverses sont retirées par les compagnies minières au Canada », a-t-il souligné, en ajoutant que les compagnies minières investissaient des sommes considérables pour les enfouir ou les incinérer.

     

    Quy Nam Nguyen, de l’Université Laval, a quant à lui soutenu que les arbres à sucre de faible qualité que les exploitants laissent derrière ont aussi un potentiel comme granules de bois. « On peut utiliser la biomasse dans tous les secteurs de l’énergie sous forme solide, liquide ou gazeuse », de résumer l’animatrice du colloque, Évelyne Thiffault, de l’Université Laval. « Ce n’est pas le cas pour les autres formes d’énergie renouvelable et en plus, il y a de la biomasse partout. »













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