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    Transport collectif en région

    Des municipalités prennent le relais d’Orléans Express

    19 janvier 2015 | Philippe Orfali Avec La Presse canadienne | Villes et régions
    Orléans Express a diminué son offre de services en région afin de réduire ses pertes financières.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Orléans Express a diminué son offre de services en région afin de réduire ses pertes financières.

    Maintes régions du Québec se trouvent plus éloignées que jamais des grands centres avec la disparition, dimanche, de douzaines de trajets assurés depuis près d’un demi-siècle par les autocars d’Orléans Express. Mais alors que l’entreprise privée se désengage de certains secteurs, le milieu municipal prend le relais.

     

    En Mauricie et en Gaspésie, deux projets-pilotes d’une durée d’un an viennent de voir le jour. La Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (REGIM) et l’organisme Transport collectif du Haut-Saint-Maurice ont en effet décidé d’offrir un nouveau service de liaison par navettes ou par autocar pour leurs populations.

     

    Ces initiatives résultent de la décision d’Orléans Express de réduire son offre de services en région. Si la liaison Montréal-Québec — la plus lucrative du réseau d’autocars — est maintenue dans son intégrité, avec 17 départs quotidiens, les liens entre Montréal et les régions de la Montérégie, du Centre-du-Québec, de la Mauricie, de Québec, de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine ont été réduits afin de ramener Orléans Express vers la rentabilité. Cette décision a reçu l’aval de la Commission des transports du Québec en dépit des cris d’indignation qui se sont élevés dans le monde municipal.

     

    En Mauricie, le service d’Orléans Express entre La Tuque et Trois-Rivières a été interrompu entièrement.

     

    Dans la péninsule gaspésienne, le nombre d’arrêts passe quant à lui de 44 à 7 dans la partie nord, pendant qu’il est réduit de 47 à 8 au sud. Percé, Bonaventure et New Richmond comptent parmi les municipalités qui n’ont plus de points de service d’autocars Orléans Express.

     

    La compagnie d’autocars du groupe Keolis Canada a aussi fait connaître son intention de mettre fin à son service à l’est de Rimouski, d’ici la fin de 2015, lors des audiences de la Commission des transports.

     

    Québec et les villes en renfort

     

    En Mauricie, la disparition de la ligne La Tuque-Trois-Rivières sera ainsi contrée par un nouveau service de transport de passagers par autobus qui sera offert entre La Tuque, Shawinigan et Trois-Rivières. Ce service sera financé avec l’aide de 140 000 $ versée par le ministère des Transports du Québec à Ville de La Tuque. Les adultes paieront 30 $ pour le trajet, les étudiants et les aînés bénéficiant d’un rabais de 5 $ sur le prix du billet.

     

    Le service sera offert quatre jours par semaine, soit les mardis, mercredis, vendredis et dimanche. Après un départ de La Tuque, l’autocar s’arrêtera à Grand-Mère, à Shawinigan et à Trois-Rivières. L’horaire a été conçu en fonction des concordances avec les liaisons vers Québec et Montréal, selon le maire de La Tuque, Normand Beaudoin. « C’était important pour nous de ne pas laisser tomber nos citoyens qui ont besoin d’un service de transport entre La Tuque, Shawinigan et Trois-Rivières pour recevoir des soins de santé ou encore pour se déplacer, dit-il. [Les] étudiants sont nombreux à utiliser ce service presque toutes les fins de semaine. »

     

    Si l’expérience s’avère concluante, le service pourrait être renouvelé pour une période de trois ans, croit le conseiller municipal André Mercier, vice-président de Transport collectif du Haut St-Maurice. « Pour y arriver, il faut que les gens utilisent le service et prouvent que c’est réellement un besoin chez nous », souligne-t-il.

     

    En Gaspésie, les nouvelles navettes devront être réservées 24 heures à l’avance, au coût de 3 $. Le REGIM assure aux clients qu’ils vont les déposer quinze minutes avant le départ de l’autocar, et qu’une navette les attendra à leur retour, pour les ramener à bon port.

     

    Le REGIM évalue qu’au moins 23 000 embarquements par année étaient enregistrés aux arrêts qui ont disparu de la carte d’Orléans Express dans la région.

     

    Rappelons qu’Orléans Express plaidait l’automne dernier devant la Commission des transports du Québec que ses pertes financières menaçaient l’existence même de l’entreprise, « si aucune action n’était posée », après avoir accumulé un déficit de 5 millions de dollars en 2013. Des pertes qui s’expliquent par les baisses progressives de l’achalandage enregistrées depuis 2008, résultat des habitudes changeantes des voyageurs, qui sont de plus en plus nombreux à miser sur la voiture, les réseaux sociaux, les sites Internet de covoiturage et les services de déplacements publics pour assurer leurs transports d’une région à l’autre du Québec.

     

    La Commission des transports du Québec a précisé dans sa décision que Keolis Canada aura à comparaître à nouveau devant elle l’an prochain, afin « de procéder à une nouvelle analyse de la situation », suivant la mise en place du service modifié.













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